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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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SOUPÇONS DE POISON.

écrits et quelques malheureuses histoires deLouis XIV éterniseraient les soupçons, si des hom-mes instruits ne prenaient foin de les détruire. Jofedire que , frappé de tout temps de linjustice deshommes, jaifait bien des recherches pour savoirvérité. Voici ce que ma répété plusieurs fois le mar-quis de Camllac , lun des plus honnêtes hommesdu royaume, intimement attaché à ce prince soup.qonné , dont il eut depuis beaucoup à se plaindre.Le marquis de Canilìac, au milieu de cette clameurpublique, va le voir dans son palais. II le trouveétendu à terre , versant des larmes , aliéné par îedésespoir. Son chimiste Homkerg court se rendreà la bastille pour se constituer prisonnier : mais onnavait point dordre de le recevoir ; on le refuse.Le prince ( qui le croirait?) demandelui-mêrae ,dans l'excès de fa douleur , à être mis en prison ;il veut que des formes juridiques éclaircissent soninnocence ; fa mère demande avec lui cette justi-fication cruelle. La lettre de cachet ssoxpédie ;mais elle nest point signée : et le marquis deCamllac , dans cette émotion defprit, conservaseul assez de sang-froid pour sentir les conséquencesdune démarche si désespérée. II fît que la mersdu prince sopposaà cette lettre de cachet ignomi-nieuse. Le monarque qui l'accordait,, et sonneveu qui la demandait, étaient également mal-heureux. (£)

(k) I.autenr de la vie du duc dOrléans est le premier qutait parlé de ces soupçons atroces : cétait un jésuite nomméla Motte, le même qui prêcha à Rouen contre ce princependant sa régence, et qui se réfugia ensuite en Hollandesous le nom de la Raie H était instruit de quelques faits

T. ao. Siècle. Tome III. H