SOUPÇONS DE POISON. gç
écrits et quelques malheureuses histoires deLouis XIV éterniseraient les soupçons, si des hom-mes instruits ne prenaient foin de les détruire. J’ofedire que , frappé de tout temps de l’injustice deshommes, j’aifait bien des recherches pour savoir làvérité. Voici ce que m’a répété plusieurs fois le mar-quis de Camllac , l’un des plus honnêtes hommesdu royaume, intimement attaché à ce prince soup.qonné , dont il eut depuis beaucoup à se plaindre.Le marquis de Canilìac, au milieu de cette clameurpublique, va le voir dans son palais. II le trouveétendu à terre , versant des larmes , aliéné par îedésespoir. Son chimiste Homkerg court se rendreà la bastille pour se constituer prisonnier : mais onn’avait point d’ordre de le recevoir ; on le refuse.Le prince ( qui le croirait?) demandelui-mêrae ,dans l'excès de fa douleur , à être mis en prison ;il veut que des formes juridiques éclaircissent soninnocence ; fa mère demande avec lui cette justi-fication cruelle. La lettre de cachet ssoxpédie ;mais elle n’est point signée : et le marquis deCamllac , dans cette émotion d’efprit, conservaseul assez de sang-froid pour sentir les conséquencesd’une démarche si désespérée. II fît que la mersdu prince s’opposaà cette lettre de cachet ignomi-nieuse. Le monarque qui l'accordait,, et sonneveu qui la demandait, étaient également mal-heureux. (£)
(k) I.’autenr de la vie du duc d ’Orléans est le premier qutait parlé de ces soupçons atroces : c’était un jésuite nomméla Motte, le même qui prêcha à Rouen contre ce princependant sa régence, et qui se réfugia ensuite en Hollandesous le nom de la Raie H était instruit de quelques faits
T. ao. Siècle. Tome III. H