Buch 
Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
Entstehung
JPEG-Download
 

I ÎO

A N E Ç. D O T ", s.

pas un bon usage. II donne trop souvent à sou. per aux princes au lieu de travailler ; il nc-glige les affaires pour ses plaisirs ; il fait atcen- dre trop long-temps les officiers dans son anti-,, chambre; il leur parle avec hauteur, et quel- quefois avec dureté.

Voilà ce que ma mémoire me fournit de cettelettre, que j ai vue autrefois en original, fillefait bien voir que Louis XIV nétait pas gouver- par ses ministres , comme on La cru, et quilsavait gouverner ses ministres.

II aimait les louanges ; et il est à souhaiterquun roi les aime , parce qualorsil sefforce deles mériter. Mais Louis XIV ne les recevaitpas toujours, quand elles étaient trop fortes.Lorsque notre académie, qui lui rendait, toujourscompte des sujets quelle proposait pour ses prix,lui fit voir celui-ci : Quelle efl, de toutes les ver-tus du roi, celle qui mérite la préférence 1 Le roirougit, et ne voulut pas quun tel sujet fût traité.11 souffrit les prologues de Quinauif, mais'cétait dans les beaux jours de fa gloire , dans le«temps rivressede la nation excusait la sienne.Virgile ct Horace par reconnaissance , et Ovidepar une indigne faiblesse, prodiguèrent -à' Augustedes éloges plus forts, et, fi on songe aux pro-scriptions , bien moins mérités.

Si Corneille avait dit dans la chambre du car-dinal de Kicbelieu à quelquun des courtisans:Dites à M. le cardinal que je me connais mieux.en vers que lui; jamais ce ministre ne lui eûtpardonné; ceít pourtant ce queIXèJpréau.v dit