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fut la preuve sensible en r66; d’une abondantecirculation. II voulait enrichir la France et lapeupler. Les mariages dans les campagnes furentencouragés, par une exemption de tailles pendantcinq années, pour ceux qui /établiraient à l’âgede vingt ans ; et tout père de famille qui avaitdixenfans était exempt pour toute fa vie , parcequ’il donnait plus à l’Etat par le travail de ses en-fans qu’il n’eût pu donner en payant la taille. Cerèglement aurait dû demeurer à jamais fans at-teinte.
Depuis l’an 1663 jufqu’en 1672 , chaque an-née de ce ministère fut marquée par rétablisse-ment de quelque manufacture. Les draps fins,qu’on tirait auparavant d’Angleterre,dellollande,furent fabriqués dans Abbeville. Le roi avançaitau manufacturier deux mille livres par chaquemétier battant, outre des gratifications considé-rables. On compta dans l’année 1669 quarante-quatre mille deux cents métiers en laine dans leroyaume. Les manufactures de foie perfectionnéesproduisirent un commerce de plus de cinquantemillions de cetemps-là; et non-seulement l’avan-tage qu’on en tirait était beaucoup au-deílus del’achat des foies nécessaires, mais la culture desmûriers mit les fabriquans en état de fe passer desfoies, gtrarigères pour la trame des étoffes.
On commença dès 1666 à faire d’auílì bellesglaces qu’à Venise, qui en avait toujours fournitoute l’Europe ; et bientôt on en fit, dont lagrandeur et la beautén’ont pu jamais être imitéesailleurs. Les tapis de Turquie et de Perse furent