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lui fit un bien plus grand nom que le, ministèregêné et passager qu'il obtint fur la fin de fa vie.
On doit observer ici que M à’Argenson ne futpas le seul, à beaucoup près , de l’ancienne che-valerie , qui eût exercé la magistrature. La Franceest presque Punique pays- de l’Europe où Fanciennenoblesse ait pris souvent le parti de la robe. Pres-que tous les autres Etats, par un reste de barbariegothique, ignorent encore qu’il y ait de la grandeurdans cette profession. ( 2} )
Le roi ne cessa de bâtir au louvre, .à S‘ Germain,à Versailles depuis 166t. Les particuliers, à sonexemple, élevèrent dans Paris mille édifices su-perbes et commodes. Le nombre s’en est accrutellement que depuis les environs du Palais-royalet ceux de S 1 Sulpice, il se forma dans Paris deuxvilles nouvelles , fort supérieures à Fancienne. Cefut en ce temps-là qu’on inventa la commoditémagnifique de ces carrosses ornés de glaces etsuspendus par des ressorts ; de forte qu’un citoyende Paris se promenait dans cette grande ville avecplus de luxe quô les premiers triomphateursromains n’allaient autrefois au capitole. Cet usage,qui a commencé dans Paris , fut bientôt reçu danstoute l’Europe ; et devenu commun , iln’estplusun luxe.
(-3) Cette assertion a besoin d’être expliquée. M. de Vol-taire n’ìgnorait pas qu»e dans les républiques aristocratiques,comme Venise, comme la Pologne, îe droit d’exercer lesmagistratures supérieures est un de ceux de la noblesse;qu’en Angleterre les pairs font de vrais magistrats, et yforment seuls la noblesse. II ne veut parler que des monar-chies qui fe font élevées fur les débris du gouvernementféodal > ct fou observation est vraie pour tous ces pays.