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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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BATIMEKS.

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Louis XIV avait du goût pour larchitecture ,pour les jardins , pour la sculpture ; et ce goûtétait en tout dans le grand et dans le noble. Dèsque le contrôleur-général Colbert eut en 1664 kdirection des bàdmens, qui est proprement leministère des arts, (y) il sappliqua à seconder

iy) L'abbé de SaìntPicrre dans ses Annales politiques ,pag. T04 de son manuscrit, dit qu? ces choses prouvent lenombre des fainéans $ leur goût pour la fainéantise , qui suffità entretenir ct à nourrir d 1 outres espèces de saìncans j quec'efl présentement que c 3 efì la nation italienne ces artsJont portés àune haute perfection ' } ils font gueux , fainéans ,paresseux y vains, occupés de niaiseries etc.

Ces réflexions grossières, et écrites grossièrement, nenfont pas plus justes. Lorsque les Italiens réussirent le plusdans ces arts, cétait fous les Médicis , pendant que Venisect&it ia plus guerrière et la plus opulente des républiques.Cétait !s temps îItalie produisit de grands.hommes<le guerre, et des artistes illustres en tout genre; et cVstde même dans les années florissantes de Louis XIV queJes arts ont été le plus perfectionnés. Labbé de Saint'Pierre sest trompé dans beaucoup de choses, et a faitregretter que ia raison nait pas secondé en S ni les bonnesintentions.

JV. B. Cette différence dopinion entre îes deux hommesdes temps modernes, qui ont consacré leur vie entière àplaider la cause de Jhumaníté avec le plus de constanceet le zèle le plus pur, mérite de nous arrêter.

La magnificence dans les munumens publics est unefuite de Pindustrie ct de la richesse dune nation. Si iaFiction n'a point de dettes, si tons les impôts onéreuxfont supprimés, si le revenu public neíl en queque forteque le superflu de la richesse publique, alors cette magni-ficence na ri-n qui blesse la justice. Flic peut même de-venir avantageuse, parce quclle peut servir, soit à formerdes ouvriers utiles à la société, soit à occuper ceux quine peuvent vivre que dune espèce de travail, dans lestemps, par des circonstances particulières, ce travailvient à leur manquer. Les beaux arts adoucissent les mœurs,