C O L B E R T.
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íevau transport des grains dans la province voi-sine . On ne put dans les bonnes années vendreí'es grains que par une requête au conseil. Cettefatale administration semblait excusable parl’cxpérience du passé. Tout le conseil craignaitque le commerce du blé ne 1c forçât de rache-ter encore à grands frais des autres nationsune denrée fì nécessaire, que l’intérét et l’im-prévoyance des cultivateurs auraient vendue àVil prix.
Le laboureur alors, plus timide que le conseil,craignit de se ruiner à créer une denrée dont ilne pouvait espérer un grand profit ; et les terresne furent pas aussi bien cultivées qu’elles auraientdû l’être. Toutes lés autres branches de l’admi-nistration étant florissantes, empêchèrent Colbertde remédier au défaut de la principale.
C'est la feule tache de son ministère ; elle estgrande; mais ce qui l’excuse, ce qui prouvecbmbien il est mal-aisé de détruire les préjugésdans l’administrátion française, et comme il estdifficile défaire le bien, c’est que cette faute,sentie par tous les citoyens habiles , n’a été ré-parée par aucun ministre pendant cent années en-tières, jusqu’à l’époque mémorable de 1764,où un ministère plus éclairé a tiré la France d’unemisère profonde , en rendant le commerce desgrains libre, avec des restrictions à peu-près sem-blables à celles dont on use en Angleterre. (32)
(Z2) Tout ministère fiscal et oppresseur se conforme néces-sairement àl’opinion de lapopulace pour toutes leslois qui11e íe rapportent point directement à V intérêt (tu sise. II estégalement de l’intcrét des corps intermédiaires de flatter