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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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FINANCES.

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Colbert , pour fournir à la fois aux dépensesdes guerres, des bâtimens et des plaisirs, futobligé de rétablir vers lan 1672 ceil avaitvoulu dabord abolir pour jamais ; impôts en par-tie , rentes, charges nouvelles, augmentationsde gages ; enfin ce qui soutient lEtat quelquetemps, et lobère pour des siècles.

11 fut emporté hors de fes mesures; car, partoutes les instructions qui restent de lui, on voltquil était persuadé que la richesse dun pays neconsiste que dans le nombre des habitans, la cul-ture des terres, le travail industrieux et le com-merce : on volt que le roi, possédant très-peu dedomaines particuliers, et nctant que s admi-nistrateur des biens de fes sujets, ne peut êtrevéritablement riche que par des impôts aisés àpercevoir et également répartis,îopinion populaire. Ces motifs joints à îignorance ont dé-terminé í es mauvaises lois fur le commerce des blés : et lesmauvaises lois ont contribué à fortifier les préjugés. Oncroyait arrêterce quon appelle monopole, et on empêchaitles estîmagafinemens,'qui font le seul moyen de prévenirreffet des mauvaises récoltes générales , et le commercedont Inactivité peut feule remédier aux disettes locales. Oncroyait faire du bien au peuple, cn fefant bailler le» prixpour quelques instans et dans quelques villes; cependanton décourageait la culture et par conséquent on rendait ladenrée plus rare et dès.lors constamment plus chère. De cequ'en examinant les prix des marchés et ['abondance qui yrègne, on peut dans un commerce libre juger de labondanceréelle de la denrée* on croyait pouvoir en juger dans uacommerce gêné par des réglemens: de - lufage de cespermissions particulières le plus souvent achetées par desgens avides, et dont leffèt est toujours contraire au butquont, ou disent avoir, ceux qui les accordent.

Observons enfin que cest fur-tout dans les temps de di-sette que les lois prohibitives font dangereuses ; elles aug-mentent U mal et ôtent les ressources.