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récompensait de méprisables écrivains qui d’ordi-naire font rampans ; et par une hauteur d’esprit sibien placée ailleurs, il voulait abaisser ceux enqui il sentait avec quelque dépit un vrai génie,qui rarement se plie à la dépendance. II est bienr are qu’un homme puissant, quand il est lui-mêmeartiste , protège sincèrement les bons artistes.
Corneille eut à combattre son siècle, ses rivauxet le cardinal de Richelieu. Je ne répéterai pointici ce qui a été écrit sur le Cid. Je remarqueraiseulement que l’académie, dans ses judicieusesdécisions entre Corneille et Scudèri, eut trop decomplaisance pour le cardinal de Richelieu, encondamnant l’amour de Chìmène. Aimer le meur-trier dc son père , et poursuivre la vengeance dece meurtre, était une chose admirable. Vaincreson amour eût été un défaut capital dans l’arttragique, qui consiste principalement dans lescombats du cœur. Mais í’art était inconnu alorsà tout le monde, hors à fauteur.
Le Cid ne fut pas le seul ouvrage de Corneilleque le cardinal de Richelieu voulut rabaisser.L'abbé d "’/Jubign&c nous apprend que ce ministredésapprouva Polyeucte.
Le Cid , après tout, était une imitation très-em-beliie de Guiliaitt de Cafiro , ( hh ) et en plusieursendroits une traduction. Cinna qui le suivitétait unique. J'ai connu un ancien domestiquede ía maison de Coudé, qui disait que le grand
(hk) II y avait deux tragédies espagnoles fur ce sujet.I.e Cid de Gulllain de Castro, et l’iiotirador de su patlre deJ can-Baptiste Diatr.ame. Cornáiu imita autant de scènes deDiamantc -rue de Cafiro,