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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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196 BEAUX ART S.

récompensait de méprisables écrivains qui dordi-naire font rampans ; et par une hauteur desprit sibien placée ailleurs, il voulait abaisser ceux enqui il sentait avec quelque dépit un vrai génie,qui rarement se plie à la dépendance. II est bienr are quun homme puissant, quand il est lui-mêmeartiste , protège sincèrement les bons artistes.

Corneille eut à combattre son siècle, ses rivauxet le cardinal de Richelieu. Je ne répéterai pointici ce qui a été écrit sur le Cid. Je remarqueraiseulement que lacadémie, dans ses judicieusesdécisions entre Corneille et Scudèri, eut trop decomplaisance pour le cardinal de Richelieu, encondamnant lamour de Chìmène. Aimer le meur-trier dc son père , et poursuivre la vengeance dece meurtre, était une chose admirable. Vaincreson amour eût été un défaut capital dans larttragique, qui consiste principalement dans lescombats du cœur. Mais íart était inconnu alorsà tout le monde, hors à fauteur.

Le Cid ne fut pas le seul ouvrage de Corneilleque le cardinal de Richelieu voulut rabaisser.L'abbé d "/Jubign&c nous apprend que ce ministredésapprouva Polyeucte.

Le Cid , après tout, était une imitation très-em-beliie de Guiliaitt de Cafiro , ( hh ) et en plusieursendroits une traduction. Cinna qui le suivitétait unique. J'ai connu un ancien domestiquede ía maison de Coudé, qui disait que le grand

(hk) II y avait deux tragédies espagnoles fur ce sujet.I.e Cid de Gulllain de Castro, et liiotirador de su patlre deJ can-Baptiste Diatr.ame. Cornáiu imita autant de scènes deDiamantc -rue de Cafiro,