ELOQUENCE. X95
Nous avons eu des historiens, niais point deTile-Lite. Le styie de ia Conspiration de Veniseest comparable à celui de SaUuJìe. On voit quel'abbé de S' Réal Lavait pris pour modèle ; et peut-être l’a-t-il surpassé. Tous les autres écrits dont onvient de parler semblent être d’une création nou-velle. C’eít-là íur-tout ce qui distingue cet âgeillustre ; car pour des lava n s et des commenta-teurs , le seizième et le dix - septième siècle enavaient beaucoup produit ; mais le vrai génie enaucun genre n’était encore développé.
Qui croirait que tous ces bons ouyrages enprose n’auraient probablement jamais existé, s’ilsn’avaient été précédés par la poésie? c'est pourtantla destinée de l’efprit humain dans toutes les na-tions : les vers furent par-tout les premiers enfansdu génie et les premiers maîtres d'éloquence.
Les peuples font ce qu’est chaque homme en par-ticulier. Platon ct Cid-,-ou commencèrent par fairedes vers. On ne pouvait encore citer un passagenoble et sublime de prose française, quand on savaitpar cœur le peu de belles stances que laissa Malherbe}et 11 y a grande apparence que fans Pierre Corneille ,le génie des prosateurs ne se serait pas développé.
Cet homme est d’autant plus admirable qu’iln’était environné que de très - mauvais modèlesquand il commença à donner des tragédies. Cequi devait encore lui fermer le bon chemin , c’estque ces mauvais modèles étaient estimés ; et pourcomble de découragement, ils étaient favoriséspar le cardinal de Richelieu , le protecteur desgens de lettres et non pas du bon goût. II
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