EGLISE,
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Ce que payait au roi le clergé de France et desvilles conquises allait, année commune , à environdeux millions cinq cents mille livres; et depuis,la valeur des espèces ayant augmenté numérique-ment, ils ont secouru l’Etat d’environ quatre mil-lions par année, fous le nu m de décimes , de sub-vention extraordinaire , de don gratuit. Ce mot etce privilège de don gratuit se sont conservés com-me une trace de l’ancien usage où étaient tous lesseigneurs de fiefs d’accorder des dons gratuits auxrois dans les besoins del’Etat. Les évêques et lesabbés étant seigneurs de fiefs, par un ancien abus,ne devaient que des soldats dans le temps de l’atiar-chie féodale. Les rois alors n’avaient que leurs do-maines comme les autres seigneurs. Lorsque toutchangea depuis, le clergé ne changea pas ; ilconserva l’usage d’aider l’Etat par des dons gra-tuits. (}9)
(39 1 En Fr itice le clergé est exempt, comme !a noblesse,des tailles et de quelques-uns des droits d’aides. f a noblesseétait censée remplacer les impôts par son service person-nel, et le clergé par ses prières. Pendant quelque tempson demanda au pape la permission d’impoíèr dt-s décimesfur le clergé, toujours fous le prétexte de combattre lesinftdelles ou les hérétiques. Enfin i’usage de s’adresser auclergé assemblé, et de se passer du consentement de F orne,a prévalu : mais pour ménager Rome qui excommuniait >jl n’y a pas encore long-temps, chaque jeudi - saint, lessouverains qui obligeaient îe clergé à contribuer aux char-ges publiques, on donna atix décimes le nom de dongratuit. Eorsqu'à la fin du règne de LouisX.ÏV on ajouta lacapitation et le dixième atix impôts déjà trop onéreux, onn’osa établir ces nouvelles taxes d’one manière rigoureuse;et le clergé obtint facilement d’être exempt de ee> im| ocs ,en payant des dons gratuits plus considérables, fl tst duneévident qu’il nc doitpoint ce dernier privilège aux anciens