Buch 
Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
Entstehung
JPEG-Download
 

226 EGLISE.

A cette ancienne coutume quun corps quisasstmble souvent conserve, et quun corps quine saísemble point perd nécessairement , se jointsimmunité tqujours réclamée par lEglise , et cettemaxime, que son bien eji le bien des pauvres:non quelle prétende ne devoir rien à l'Etat dontelle tient tout ; car le royaume , quand il a desbesoins, est le premier pauvre ; mais elle allègue -pour elle le droit de ne donner que des secoursvolontaires; et Louis XIF exigea toujours ces-secours, de manière à nëtre pas refusé.

On sétonne dans lEurope et en France que leciergé paye fl peu ; on se figure quil jouit du tiersdu royaume; S possédait ce tiers, il est indubi-table qu'il devrait payer le tiers des charges . cequi se monterait, année commune, à plus decinquante millions, indépendamment des droitsfur les consommations quil paye comme les autressujets ; mais on se fàit des idées vagues et despréjugés fur tout.

usages de la nation a puisque jusquà ce moment il aavaitjoui que lits privilèges de la noblesse , et que ta noblessea payé ces nouveaux im; o s. Cette exemption est doncune pure grâce accordée par Louis XIV ; grâce qui est uneinjustice à légard dqs citoyens ; gi áce que ni le temps, niaucune assemblée nationale nont coníactée. Nos sou-verains, mieux instruits de leurs droits et de ceux de Uurspeuples » sentiront lans doute un jour que leur intérêtet la justice exigent également de soumettre aux taxes lesbiens du clergé dans la- proportion quont ces biens avecceux du reste de la nation ; et qu'en général tout privilège,en matière d'imj , est uns véritable injustice, depuisque la constitution militaire ayant changé , il «'existe plusde service personnel gratuit, et que les esprits sétantéclairés , on fait que ce ne font point les processions desmoines, mais les évolutions des soldats qui décident diisuccès des batailles.