LIBERTÉ GALLICANE. 241
1. Dieu n’a donné à Pierre et à ses successeursaucune puissance ni directe ni indirecte fur leschoses temporelles.
2. L'Eglise gallicane approuve le concile deConfiance , qui déclare les conciles générauxsupérieurs au pape dans le spirituel.
3. Les règles, les usages, les pratiques reçuesdans le royaume et dans l’Egiise gallicane doiventdemeurer inébranlables.
4. Les décisions du pape, en matières de foi,ne font sûres qu’après que l’Eglise les a acceptées.
Tous les tribunaux et toutes les facultés dethéologie enregistrèrent ces quatre propositionsdans toute leur étendue ; et il fut détendu par unédit de rien enseigner janv.ds de contraire.
Cette fermeté fut regardée àRome comme un at-tentat de rebelles,etpar tous les protestans de f Eu-rope comme un faible effort d’une Eglise née libre,qui ne rompait que quatre chaînons de ses fers.
Les quatre maximes furent d’abord soutenuesavec enthousiasme dans la nation, ensuite avecmoins de vivacité. Sur la fin du règne de LouisXIV elles commencèrent à devenir problémati-ques ; et le cardinal de Fleuri les fit depuis désa-vouer'en partie par une assemblée du clergé, fansque ce désaveu causât le moindre bruit, parce queles esprits n’étaient pas alors échauffés , et quedans le ministère du cardinal de Fleuri rienn’eutdeFécîat.Elles ont repris enfin u ne grande vigueur.
Cependant Innocent XI s’aigrit plus que ja-mais: il refusa des bulles à tous les évêques et àtous les abbés commendataives que le r oi nomma»
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