244 REFORME DU CLERGE.
qu’il mêle toujours à fa religion. II fut permis,malgré le parlement d’Aix et malgré les carmes,de savoir que Lazare et Magdalène n’etaientpoint venus en Provence. Les bénédictins ne pu-rent faire croire que Denys faréopagite eût gou-verné P église de Paris. Les saints supposés, lesfaux miracles, les fausses reliques commencèrentà être décriés. La faine raison, qui éclairait lesphilosophes, pénétrait par-tout, mais lentementer avec difficulté.
L’évéque de Châlons-sur-Marne, Gaston-Louisde Lìoaillei frère du cardinal, eut une piété assezéclairée j pour enlever en 1702, et faire jeterune relique, conservée précieusement depuis plu-sieurs siècles dans l’égiise de Notre-Dame, et ado-rée fous le nom du nombril de jesus-CHRIST.Tout Châlons murmura contre l’évêque. Préíi-dens, conseillers, gens du roi, trésoriers deFrance, marchands, notables, chanoines, curés,protestèrent unanimement, par un acte juridique,contre i’entrepríse de l’évêque, réclamant le saintnombril , et alléguant la robe de Jesus-Christconservée à Argenteuil, son mouchoir à Turinet à Laon, un des clous de la croix à S 1 Denis,son prépuce à Rome, le même prépuce au Puyen Vêlai, et tant d’autres reliques que l’on con-serve et que l’on méprise, et qui font tant detort à une religion qu’on révère. Mais la sage fer-meté de l’évéque Pemporu à la fin sur la crédu-lité du peuple,
Quelques autres superstitions, attachées à desusages, respectables, ont subsisté. Les protestans enont triomphé : mais ils font obligés de convenir