256 REFORMÉS PROTEGES.
plus de chef depuis que le duc de Roban cessa deì’ètre, et que la maison de Bottillon n’eut plus Se-dan. Us se firent même un mérite de rester tran-quilles au milieu des factions de la fronde et desguerres civiles que des princes, des parlemens etdes évêques excitèrent, en prétendant servir leroi contre le cardinal Mazarin.
II ne fut presque point question de religionpendant la vie de ce ministre. II ne fit nulle dif-ficulté de donner la place de contrôleur-généraldes finances à un calviniste étranger nommé Her~vart. Tous les réformés entrèrent dans les fer-mes, dans les sous-fermes, dans toutes les placesqui cn dépendent.
Colbert qui ranima l’industrie de la nation, etqu'on peut regarder comme le fondateur du com-merce, employa beaucoup d’huguenots dans lesarts, dans les manufactures, dans la marine.Tous ces objets utiles qui les occupaient, adou-cirent peu à peu dans eux la fureur épidémiquede la controverse ; et la gloire qui environna cin-quante ans Louis XI r, sa puissance, son gouver-nement ferme et vigoureux, ôtèrent au parti ré-formé, comme à tous les ordres de l’Etat, touteidée de résistance. Les fêtes magnifiques d'unecour galante jetaient même du ridicule fur lepédandsine des huguenots. A mesure que le bongoût se perfectionnait, les pseaumes de Marot etde Bèze ne pouvaient plus insensiblement inspirerque du dégoût. Les pseaumes qui avaient charméla cour de FrançoisII n’étaient plus faits que pourla populace fous LouisXIV . La faine philosophie,
qui