CONVERSIONS.
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de cette méthode. Pèlifson , chargé de ce dépar-tement, envoyait l’argent dans les provinces. Ontâchait d’opérer beaucoup de conversions pourpeu d’argent. De petites sommes, distribuées àdes indigens, enflaient la liste que Pélijjòn pré-sentait au roi tous les trois mois , en lui persua-dant que tout cédait dans le monde à fa puissanceou à ses bienfaits.
Le conseil, encouragé par ces petits succès quele temps eût rendus plus considérables, s’enhar-dit en 1681 adonner une déclaration, par la-quelle les enfans étaient reçus à renoncer à leurreligion à F âge de sept ans ; et à Pappui de cettedéclaration, on prit dans les provinces beaucoupd’enfans pour les faire abjurer, et on logea desgens de guerre chez les parons.
Ce fut cette précipitation du chancelier leTeì~lier et de Lotivois son fils,, qui fit d’abord déserteren 1681 beaucoup de familles du Poitou, de laSaintonge et des provinces voisines. Les étran-gers se hâtèrent d’en profiter.
Les rois d’Angleterre et de Danemarck, et sur-tout la ville d’Amsterdam, invitèrent les calvi-nistes de France à se réfugier dans leurs Etats, etleur assurèrent une subsistance. Amsterdam s’en-gageamême à bâtir mille maisons pourles fugitifs.
Le conseil vìt les suites dangereuses de Passagetrop prompt de P autorité,- et crut y remédier parl'autorité même. On sentait combien étaient né-cessaires les artisans dans un pays où le commerceflorissait, et les gens de mer dans un temps où l’onétablissait une puissante marine. On ordonna la
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