94 HISTOIRE DE CHARLES Xlï
d’argent , de selles brodées, d’arçons, d’étrierdorés et quelquefois d’argent massif, avec degrandes housses traînantes à la manière des Turcsdont les Pokmais imitent autant qu’ils peuventlà magnificCTice.
Autant cette cavalerie est parée et superbe , au-tant l’infanterie était alors délabrée, mal vêtue,mal armée, fans habit d’ordonnance ni rien d'uni-forme C’est ainsi du moins qu’elle fut jusquevers 1710. Ces fantassins, qui ressemblent à destartares vagabonds, supportent avec une eton-tante fermeté la faim, le froid, la fatigue et toutlè poids de la guerre.
On voit encore dans les soldats polonais le carac-tère des anciens Sarmates leurs ancêtres, aussi peude discipline, la même fureur à attaquer, la mêmepromptitude à fuir et à revenir au combat, le mêmeacharnement dans le carnage, quand ils font vain-queurs.
Le roi de Pologne s’était flatté d’abord que dansle besoin ces deux armées combattraient en íàfaveur, que la pospolite polonaise s’armerait à fers«rdres, et que toutes ces forces, jointes aux Saxonsses sujets, étaux Moscovites ses alliés, compose-raient une multitude devant qui le petit nombredes Suédois n’oserait paraître. II se vit presquetout à coup privé de ces secours, par les foins mê-ines qu’il avait pris pour les avoir tous à la fois.
Accoutumé dans ses pays héréditaires au pou*Toi r absolu. il crut. trop peut être , qu’il pour-rait gouverner la Pologne comme la Saxe. Lecommencement de son règne fit des mécontens;ses premières démarches irritèrent le parti qui