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Mamaïqucàlabaie d’Budson,c'est-à-dire,depuisle voisinage du tropique jusqu’à celui du pôle.
Les Français, qui sont venus tard au partagedes deux mondes , ont perdu à la guerre de17 ;6 et à ía paix tout ce qu’ils avaient acquisdans la terre ferme de* l’Amérique septentrio-nale, où ils possédaient environ quinze centslieues en longueur, et environ sept à huit centsen largeur. Cet immense et misérable pays étaittrès à charge à l’Etat, et fa perse a été encoreplus funeste. •
Presque tous ces vastes domaines, ces établis-sent ens dispendieux , toutes ces guerres entrerprises pour les maintenir, ont été le fruit de lamollesse de nos villes et de í’avidité des mar-chands , encore plus que de l’ambition des sou-verains.
C’est pour fournir aux tables des bourgeoisde Paris, de Londres et des autres grandes vil-les, plus d’épiceríes qu’on n’en consommait au-trefois aux tables des princes ; c’est pour char,ger des simple? citoyennes de plus de diamansque les reines n’en portaient à leur sacre ; c’estpour infecter continuellement ses narines d’u-ne poudre dégoûtante, pour s’abreuver, par fan-taisie , de certaines liqueurs inutiles, inconnuesànos pères, qu’il s’est fait un commerce immen-se, toujours désavantageux aux trois quarts del’Europe; et c’est pour soutenir ce commerceque les puissances se sont fait des guerres, danslesquelles le premier coup de canon tiré dansnos climats m.et le feu à toutes les batteries enAmérique et au fond de f’/lsie. On s’est toujoursplaint des impôts , et souvent avec la plus justeraison; mais nous n’avonsjamais réfléchi quele plus grand et le plus rude des impôts estceluique nous imposons fur nous - mêmes par nos