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la nature humaine, de parvenir à connaître lavérité fur tous ces objets, liés intimement avecla morale, et de la faire adopter à tous lesesprits ; or l’on ne peut nier que la connaissancede la vérité ne soit pour les hommes le premierdes biens. En effet, il estimpoffible qu’il s’étabîissedans un pays , ou qu’il y subsiste une loi perma-nente, contraire à ce que l’opinion généraie deshommes qui ont reçu une éducation libérale,regardera comme opposé ou aux droits des citoyensou à l’intérêt général. II est impossible qu’unevérité ainsi reconnue s’efface jamais de la mémoire,ou que l’erreur puisse l’emporter fur elle. C’est-là, dans toutes les constitutions politiques, lafeule barrière solide qu’on puisse opposer àl’oppression arbitraire, à l’abus de la force.
La politique pourrait-eile avoir d autres vues ?la force réelle, la richesse, et fur-tout la félicitéd’un pays, ne dépendent-elles pas de la paixqui règne dans l’intérieur de ces pays ? Tousces objets liés entr’eux le font avec la tolérancedes opinions, et fur-tout des opinions religieuses,les seules qui puissent agiter le peuple.
La tolérance dans les grands Etats est nécessaireà la stabilité du gouvernement : en effet, le gou-vernement disposant de la force publique n’arien à craindre, tant que les particuliers quichercheraient à le troubler ne pourront réunirassez d’hommes pour former une résistance