ÏÏISTOIRE ABREGEE
sz6
Enfin , un jour ayant perdu son argent au jeu ,il choisit ce jour-là méme pour exécuter sondessein. Un ami de sa famille et le sien, nomméLavaiffe , jeune homme de dix-neuf ans, connupar la candeur et la douceur de ses mœurs, filsd’un avocat célèbre de Toulouse, était arrivé (a)de Bordeaux la veille ; il soupa par hasard chezles Calas. Le père, la mère, Max c-Antoine leurfils aîné, Pierre leur second fils mangèrent en-semble. Après le souper on se retira dans un petitsalon ; Marc-Antoine disparut : enfin, lorsquele jeune Lavaiffe voulut partir , Pierre Calas etlui étant descendus, trouvèrent en bas auprès dumagasin. Marc-Antoine en chemise, pendu àune porte, et son habit plié sur le comptoir ; sachemise n’était pas seulement dérangée : ses che-veux étaient bien peignés : il n’avait fur son corpsaucune plaie, aucune meurtrissure. ( b )
On passe ici tous les détails dont les avocats ontrendu compte : on ne décrira point la douleur etle désespoir du père et de la mère : leurs crisfurent entendus des voisins. Lavaiffe et pierreCalas hors d’eux-mêmes coururent chercher deschirurgiens et la justice.
Pendant qu’ils s’acquittaient de ce devoir, pen-dant que le père et la mère étaient dans les san-glots et dans les larmes, le peuple de Toulouse«'attroupe autour de la maison. Ce peuple est
(a) 12 octobre 1761.
(i) On ne lui trouva après le transport du cadavre à l hitel.de ville , qn’une petite égratignure au bout du nez, etyne petite tache sur ta poitrine, causées par quelqueinadvertance dans le transport du corps.