DE LA MORT DE JEAN CALAS. 247
Ï 1 semble que quand il s’agit d’un parricide, etde livrer un père de famille au plus affreux sup-plice, le jugement devrait être unanime, parceque les preuves d’un crime si inouï (c) devraientêtre d’une évidence sensible à tout le monde : lemoindre doute dans un cas pareil doit suffirepour faire trembler un juge qui va signer un arrêtde mort. La faiblesse de notre raison et l’insuffi-sance de nos lois se font sentir tous les jours ;mais dans quelle occasion en découvre-t-on mieuxla misère que quand la prépondérance d’une seulevoix fait rouer un citoyen ? II fallait dans Athè-nes cinquante voix au-delà de la moitié pour oserprononcer un jugement de mort. Qu’en résulte-t-il? ce que nous savons très-inutilement, queles Grecs étaient plus sages et plus humains quenous.
II paraissait impossible que Jean Calas , vieil-
(c) Je ne cornais que deux exemples de pères accusésdans l’^iftoire ri’avoir assassiné leurs fils pour la religion :le premier est du père de sainte Barbara , que nous nommonssainte Barbe. II avait commandé deux fenêtres dans fa sallede bains: Barbe en son absence en fit une troisième en Phon-neur de la sainte Trinité : elle fit du bout du doigt le signede la croix sur des colonnes de marbre, et ce signe se gravaprofondément dans les colonnes* Son père en colère qourutaprès elle Pépée à la main : mais elle s’enfuit à traversune montagne, qui s’ouvrit pour elle* Le père fit le tourde la montagne, et rattrapa fa fille; on la fouetta toutenue, mais DIEU la couvrit d'un nuage blanc; enfin sonpère lui trancha la tête. Voilà ce que rapporte la Fleurdes saints.
Le second exemple est le prince Wcrmenegilde. II se révoltacontre le roi son père , lui donna bataille en 584. futvaincu et tué par un officier : on en a fait un martyr, parcqque sou père était arien,
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