S 4* HISTOIRE ABREGEE
lard de soixante-huit ans, qui avait depuis long-temps les jambes enflées et fa'bles, eût seul.étranglé et pendu un fils âgé de vingt-huit ans,qui était d’une force au-dessus de l’ordinaire; ilfallait absolument qu’il eût été assisté dans cetteexécution par la femme , par son fils Pierre■Calas , par Lzvaìjj'e et par la servante. Ils ne
s’étaient pas quittés un seul moment le soir de csi
cette fatale aventure. Mais cette supposition était à
encore auíli absurde que l’autre; car comment m
une servante zélée catholique aurait - elle pu ctt
souffrir que des huguenots .assassinassent un jeune W
homme élevé par elle , pour !e punir d’aimer touj
la religion de cette servante ? Comment Lavaijse pose
serait-il venu exprès de Bordfeux pour étrangler Ira
son ami dont il ignorait la conversion prétendue ? pète
Comment une mère tendre aurait-elle mis les del
mains fur son fils 1 Comment tous ensemble set
auraient-ìls pu étrangler un jeune homme auíli toc
robuste qu’eux tous, fans un combat long et ira
violent, ' fans des cris affreux qui auraient appelé Jer
tout le voisinage, fans des coups réitérés , fans fá
des meurtrissures, fans des habits déchirés? %
II était évident que si le parricide avait pu laqa
être commis, tous les accusés étaient également V®
coupables , parce qu’ìls ne s’étaient pas quittés au
d’un moment; il était évident qu’ils ne Fêtaient ct
pas ; il était évident que le père seul ne pouvait qu
Péfcre ; et cependant l’arrêt condamna ce père < «seul à expirer sur la roue. pai
Le motif de l’arrêt était aussi inconcevable que nv:
tout le reste. Les juges qui étaient décidés pourfe supplice de Jean Calas, persuadèrent aux