5.94 AMPLIFICATION.
Hes satiriques se contentent d’une plaisanterie,d’un bon mot , cl'un trait piquant; mais celuiqui veut s’instruire & éclairer les autres , estobligé de tout discuter avec le plus grandscrupule.
Plusieurs hommes de goût , & entr’autresFauteur du Télémaque , ont regardé commeune amplification le récits de la mort cYHippolitedans Racine. Les longs récits étaient à la modealors. La vanité d’un acteur veut se faireécouter. On avait pour eux cette complaisance ;elle a été fort blâmée. L’archevêque de Cam-brai prétend que Thíramtne ne devait pqs ,après la catastrophe à’Hippolite , avoir la forcede parler (i long-temps ; qu’il se plaît trop àdécrire les cornes menaçantes du monstre , &fes écailles jaunissantes , & fa croupe qui serecourbe ; qu’il devait dire d’une voix entre-coupée : Hippolite ejl mort : un monflre Va faitpérir ; je l’aì vu.
Je ne prétends point défendre les écailles■jauniffantes & la croupe qui se recourbe ; mais.cn général cette critique souvent répétée meparaît injuste. On veut que Thé r amène diseseulement : Hippolite eft mort. Je Vai vu , c’enejl fait.
C’est précisément ce qu’il dit & en moins
de mots encore. Hippolite n’efl plus. Je
père s’écrie ; Tkéramène ne reprend ses sensque pour dire :
J'ai vu des mortels périr le plus aimable ;
& il ajoute ce vers si nécessaire , si touchant »si désespérant pour Thésée,
£t j'ose dire eaçor, seigneur, témoins coupable...