ESPRIT. 19s
de ce qu’cn appelle esprit ; mais fi Pyrrhuss’exprimait toujours dans ce style :
Vaincu, chargé de fers, de regrets consumé,
Erûlé de plus de feux que je n’en allumai,
Hélas ! fus-je jamais fr cruel que vous l’êtes ?
fi Oresie continuait toujours à dire: Que lesScythes font moins cruels qu’Hermione ; cesdeux personnages ne toucheraient point du.tout : on s’apercevrait que la vraie passions’occupe rarement de pareilles comparaisons,& qu’il y a peu de proportion entre les feuxréels dont Iroye fut consumée, & les feuxde l'amour de Pyrrhus ; entre les Scythes quiimmolent des hommes , & Hermione qui n’aimapoint Oreste. Cinna dit en parlant de Pompée:
Le ciel choisit Ta mort, pour servir dignement
D’une marque éternelle k ce grand changement ;
Et devait cette honneur aux manès duo tel homme ,
D’empotter avec eux la liberté de Rome.
Cette pensée a un très-grand éclat : il y alà beaucoup d’esprit, & même un air de gran-deur qui impose. Je suis sûr que ces vers ,prononcés avec l’enthousiastne & l’art d’unbon acteur, seront applaudis; mais je fuis sûrque la piece de Cinna , écrite toute dans cegoût , n'aurait jamais été jouée Isng temps.En effet , pourquoi le ciel devait - il fairel’honneur à Pompée de rendre les Romains es-claves après fa mort ? Le contraire ferait plusvrai : les manès de Pompée devraient plutôtObtenir du ciel le maintien éternel de cette
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