ESPRIT, ' 117
Outre le défaut fi commun à tous les hérosde Corneille, de s’annoncer ainsi eux-mêmes,de dire : Je fuis grand , j’ai du courage, ad-mirer-moi , il y a ici uœ affectation bien con-damnable de parler deî naissance, quand latête de Pompée vient d’être présentée à César,Ce n’est point ainsi qu’une affliction véritables’exprime. La douleur ne cherche point à direencor plus. Et ce qu’il y a de pis, c’est qu’envoulant dire encore plus , elle dit beaucoupmoins. Etre romaine est fans doute moins qued’être fille de Scipion & femme de Pompée,L’infame Septime., assassin de Pompée , étaitromain comme elle. Mille romains étaient deshommes très-médiocres ; mais être femme &fille des plus grands des romains, c’était làune vraie supériorité. 11 y a donc , dans cediscours de l’esprit faux & déplacé, ainsi qu’unegrandeur fausse & déplacée.
Ensuite elle dit, d’après Lucaìn , qu’elle doitrougir d'être en vie.
Je dois rougir pourtant , après un tel malheur f
De n’avoir pu mourir d’cu excès de douleur*
Lucain , après le beau siècle d ’Auguste , cher-chait de l’esprit, parce que la décadence com-mençait ; & dans le siècle de Louis XIV oncommença par vouloir étaler de l’efprit, parceque le bon goût n’était pas encore entièrementformé comme il le fut depuis.
César, de ta victoire écoute moins le brait
Elle n’eíì que l’effet du malheur qui me fuit.
Quel mauvais artifice, quelle idée fausseautant qu'imprudente"! César ne doit point ,
Tonte 57. -Diâ. Philos, Tome VI, T