t9 LETTRES DU ROÍ DE ÎRUSSB
Le vieux malade de Ferney est toujours atìxpieds de vot e Majesté ; ji est bien fâciié de neplus s’entrenir de vous avec madame la duchesseáe JVirttniberg qui vous adore.
Le vieux malade.
LETTRE XII.
DU ROI.
A Potsdam, le s d’octobre.
J e m’aperqois avec regret qu’il y a près devingt ans que vous êtes parti d’ici: votre mé-moire me rappelle à votre imagination tel quej’étaïs alors ; cependant si vous me voyiez, aulieu de trouver un jeune homme qui a l'air à ladanse, vous ne trouveriez qu’un vieillard caducet décrépit. Je perds chaque jour une partie demon existence, et je réachemine impercepti-blement vers cette demeure dont personneencore n'a rapporté de nouvelles.
Les observateurs ont cru s’apercevoir que legrand nombre de vieux militaires finissent parradoter, et que les gens de lettres se conserventmieux. Le grand Coudé, Marlborough, le princeEugène , ont vu dépérir en eux la partie pen-sante avant leur corps. Je pourrai bien avoir unmême destin, fans avoir possédé leurs ta’ens. Onfait qu’Homère , Atîicus , Varron, Fontenelle ,et tant d’autres, ont att- intun grand âge fanséprouver les mêmes infirmités. Je souhaite quevous les surpassiez tous par la longueur de votrevie et par les travaux de l’esprit.