S2^ LETTRES DU ROI DE PRUSSE
«■ — reconnaissance et du zèle avec lequel il consacreses jours à votre service. Son extrême sagessem’étonne toujours: on a dessein de faire revoirson procès, qu’on ne lui a fait que par contumace ;ce parti ms paraît plus convenable et plus nobleque celui de demander grâce. Car enfin grâcesuppose crime ; et assurément il n’est point crimi-nel, on n'a rien prouvé conte lui. Cela deman-dera un peu de temps, et il se peut t. ès- bien queje meure avant que l’affaire frit finie; mais j’ailégué cet infortuné à M. d’ Alembert , qui réussiramieux que je n’amais pu faire.
J’ose croire q u'il ne serait peut c.re pas de votredignité qu’un de vos officiers restât avec le désa-grément d’ume condamnation qui a toujours dansle public quelque chose d’humiìia-it, quelque in-juste qu’elle puisse être. En vc ité , c'est une devos belles actions de protéger un jeune homme irestimable et st infortuné : vous secourez à la foisl’innocence et la raison; vous apprendrez auxVelches à détester le fanatisme, comme vous leuravez appris le métier de la guerre , supposé qu’ilsPaient appris. Vous avez toutes les fortes deg'olre ; c’en est une bien grande de protéger Pin-nocence à trois cents lieues de chez foi.
Daignez agréer , Sire, îe respect, la recon-naissance, rattachement d’un vieillard qui mourra, avec ccs sentiaiens.