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I08 LETTRES DU ROI DE PRUSSE
LETTRE XLVI.
DE M. DE VOLTAIRE.
A Feruey, i; février.
Sire,
Je ne fuis point étonné ans 1s grand baron dePolnitz se porte bien à i’áge ds quatre-vingt-huitans; it est grand, bien fait, bien constitué.Alexandre , qui était très-bien constitué euíIí , ettrès-bien pris dans fa taille , mou-ut à trente ans,après avoir seulement remporté trois victoires;niais e’tst qu'il n’était pas sobre , et qu’il s’ctaitmis à être ivrogne.
Quand je le loue d’avo'r gagné des batailles «njouant de ia flûte , comme Achille , ce n’est pasque je n’aye toujours la guerre en horreur ; et cer-tainement j’irais vivre cbez Es quakers en Pen-silvanie , st la gu rre était par-tout ailleurs.
,1e ne fais si votre Majesté a vu un petit livrequ’on débite publiquement à Paris, intitulé lePartage de la Pologne , en sept dialogue*, entrele roi de Prusse, l’impératriee-raine et i’impéra.tries russe. Oa le dit traduit de sanglais; il n’a ;pourtant point Pair d’un; traduction. Le fonddîcet ouvrage est sûrement composé par un de cespolonais qui font à Paris. 11 y a beaucoup dVsprit, jquelquefois de la finesse, et souvent des injures jatroces. Ce ferait bien le cas de faire pataî're cet- |tain p&ëme épique que vous eûtes la bonté dem’envoyer 11 y a deux ans. Si vous savez vaincre
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