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LETTRE L X X V I I.
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A U M £ M E.3 de mai.
L L y a peut-être , mon cher ange , je ne sais quoS1769. 6s fat à vous envoyer fa médaille ; mais il faut quedu moins je vous présente mes hommages en effigie,puisque je ne peux les apporter en personne.
L’ami Marin m’a appris qu’il y a un conseillerdu châtelet qui n’est pas conseiller du Parnaste; celane m’étonne ni ne m’épouvanre. Renvoyez-moitoujours les Guèbres ; on y insérera environ quatre-vingts vers nouveaux que fauteur m’a envoyés ; ony mettra un petit mot de préface, dans laquelle ondira que fauteur avait fait d’abord de cette pièceune tragédie chrétienne ; que, furies représentationsde ses amis, il avait cru le christianisme trop respec-table pour le mettre encore sur le théâtre, après tantde tragédies saintes que nous avons ; qu’il a substi-tué les Guèbres aux chrétiens, avec d’autant plus devraisemblance que les Guèbres ou Parfis étaient alorspersécutés. On pourrait alors faire entendre raison àce maudit conseiller ; on pourrait s’adresser, parmadame à’Egmon t , à M. de Richelieu , si vous ap-prouvez cette tournure. Au pis aller , on feraitimprimer l’ouvrage bien corrigé et un peu embelli,avec une préface honnête pour l’édisication duprochain.
O n ne fera rien fans Tordre de mes anges.