s
L
fais quiliant i]*
Ml
Unifia
’O/tHiî
aijiiatif
oyís;oi
ste çiia
après ffl
Kraitei
ísr,ï
VOIlíf
on feraiembelli,m íì
:S,
DE M. DE VOLTAIRE. 159
LETTRE L X X V I I I. •
A M. LE PRINCE DE LIGNE.
5 de mai.
"V o U s daignez quelquefois, Monsieur le Prince,ranimer, par vos bontés , un vieillard malade.
Quoique je fois mort au monde , votre souvenirne rn’en est pas moins précieux.
Vous jouissez à présent des plaisirs de Paris, etvous les faites; mais je fuis persuadé qu’au milieude ces plaisirs , vous goûtez la noble satisfaction devoir le règne de la raison qui s’avance par-tout àgrands pas. Ferdinand II n'aurait jamais osé proscrirela bulle lncana dominì.W y aura enfin des philoso-phes à Vienne, et même à Bruxelles. Les hommesapprendront à penser, et vous ne contribuerez paspeu à cette bonne oeuvre.
On substitue déjà, presque par-tout, la religionau fanatisme. Les bûchers de ['inquisition font éteintsen Espagne et en Portugal. Les prêtres apprennentenfin qu’ils doivenr prier dieu pour les laïques ,et non les tyranniser. On n’aurait jamais osé ima-giner cette révolution, il y a cinquante ans; elleconsole ma vieillesse que vous égayez par votre très-aimable lettre.
Agréez, monsieur le Prince , avec votre bontéordinaire, le respect et rattachement du solitaire F.
1769