l6o RECUEIL DES LETTRES
LETTRE L X X I X.
A M. L’ABBÉ AUDRA,
Baronde Saint- Jtifl , chanoine de Toulouse ,profeJseurroyal d’hijloire en la même ville.
Le 5 de mai.
—~~ "Vou S voilà donc, Monsieur , professeurenincer-' O' titudes, vous ne le ferez jamais en mensonges. Sij’étais plus jeune, si j’avais de la santé , je travaille-rais de bon cœur à ce que vous me proposez ; maisje vois que je ferai obligé de m’en tenir à la phi-losophie de l’hisloire. Si vous n’avez point ce petitlivre , j'aurai l’honneur de vous l’envoyer par lavoie que vous m’indiquerez.
Sitven fera fans doute allé consulter secrètementses parens et ses amis vers Mazamet. Je me repose,de la justice qu’on lui doit, sur vos bontés et furcelle des magistrats à qui vous avez inspiré tant debienveillance pour lui. Sa cause d’ailleurs est si bonneet si claire, qu’il faudrait être également aveugle etméchant pour le condamner.
Je voudrais être caché dans un coin à Toulouse,le jour que son innocence sera reconnue. S’il fautfaire partir ses filles, je les enverrai à Toulouse aupremier ordre que vous me donnerez. Je ne trou-verai rien dans l’histoire moderne qui me plaisedavantage que la justification des Calas et des Sirven.
Adieu, Monsieur ; on ne peut vous estimer etvous aimer plus que vous l’êtes du solitaire V .
LETTRE