4 Essai sur le Siécle
été connue que dans ce temps : Et ii est vraide dire, qu’à commencer depuis les dernieresannées du Cardinal de Richelieu, jusqu'»celles qui ont suivi la mort de Louis XIV. ils’est fait dans nos arts, dans nos esprits, dansnos mœurs, comme dans notre Gouverne-ment, une révolution générale, qui doit ser-vir de marque éternelle à la véritable gloirede notre Patrie. Cette heureuse influence nes’est pas méme arrêtée en France ; elle s’estétendue en Angleterre • elle a excité l’émula-tion, dont avoit alors besoin cette Nationspirituelle & profonde ; elle á porté le goûten Allemagne ; les Sciences en Moscovie ;elle a même ranimé l’Italie qui languissoit;& l’Europe a dû sa politesse à Louis XIV.
Avant ce temps, les Italiens appelloienttous les Ultramontains du nom de Barbares ;& il faut avouer que les Français méritoienten quelque forte cette injure. Nos Peres joi-gnoient la Galanterie Romanesque des Mau-res, à la grossièreté gotique ; ils n’avoientpresque aucuns des Arts aimables ; ce quiprouve que les Arts utiles étoient négligés :car, lorsqu’on a perfectionné ce qui est néces-saire , on trouve bien-tôt Je beau & Vagréable;& il n’est pas étonnant que la Peinture , laSculpture, la Poésie, l’Eloquence, la Philoso-phie, fussent presque inconnues à une Nation,qui ayant des Ports fur f Océan & fur la Médi-terranée, n’avoit pourtant point de Flote, &
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