jî Sixième Dijcours
Je veux l’être, je veux m’êlever, avee toiDes fanges de la terre au Trône de son Roi.Montre moi si tu peux cette chaîne invisible,
Du monde des esprits & du monde sensible,
Cet ordre si caché de tant d’êtres divers,
Que Pqpe après Platon, crut voir dans l’Univerj,
Vous me presièz en vain. Cette vaste science,Ou passe ma portée, ou me force au silence.
Mon esprit resserré sous le compas Français,
N’a point la liberté des Grecs & des Anglais.
Tope a droit de tout dire, & moi je dois me taire,A Bourge un Bachelier peut percer ce mystère.
Je n’ai point mes degrez, 8c je ne prétends pasHasarder pour un mot de dangereux combats.Ecoutés seulement un récit véritable ,
Que peut-être Tourment * prendra pour une fable.Et que je lus hier dans un livre Chinois,
Qu’un Jésuite à Pequin traduisit autrefois.
Un jour quelques Souris fe disoient l’une à l’autre,Que ce monde est charmant ! quel empire est le nô-tre ?
Ce Palais si superbe est élevé pour nous,
De toute éternité, Dieu nous fit ces grands trous.Vois-tu ces gras Jambons fous cette voûte obscure,Ils y furent créés des mains de la nature.
Ces Montagnes de lard, éternels alimens,
Sont pour nous en ces lieux, jusqu’à la fin destems.
Oui,
* Homme très- sçavasit dons l’Histoirí des Chinois, Sc iriêniedans leur Langue.