Sur la nature de f Homme. j $
Oui , nous sommes, grand Dieu ! íï l’on en croienos sages.
Le chef-d'œuvre, la fin, le but de tes ouvrages.Les Chats font dangereux 8c prompts à nous manger,Mais c’est pour nous instruire 8c pour nous corriger.
Plus loin, fur le duvet d’une herbe renaissante ,Près des bois, près des eaux, une troupe innocenteDe Canards nazillans, de Dindons rengorgés,
De gros Moutons bêlans, que leur laine a chargés,Difoient, Tout est à nous, Bois, Prez, Etangs,Mon-tagnes ,
Le Ciel, pour nos besoins, fait verdir les Campa-gnes.
L’Aíne paissoit auprès, & fe mirant dans l’eau,
II rendoit grâce au ciel, en fe trouvant si beau.Pour les Aines, dit-il, le Ciel a fait la Terre,L’Homme est né mon esclave, il me panse, il meferre.
Il m’étrille, il me lave, il prévient mes désirs,
Il bâtit mon Sérail, il conduit mes plaisirs.Respectueux témoin de ma noble tendresse,
Ministre de ma joye, il m’améne une Anesse,
Et je ris quand je vois cet Esclave orgueilleux,Envier l’heureux don que j’ai reçu des Cieux.
L’Homme vint, 8c cria, Je suis puissant & sage,Cieux, Terres, Elemens, tout est pour mon usage,L’Ocean fut formé pour porter mes Vaisseaux,
Les Vents font mes Courier; , les Astres mes flam-beaux j