y4 Sixième Discours s '
Ce Globe> qui des nuits blanchit les sombres voiles,Croît, décroît, fuit, revient & préside aux Etoiles,Moi, je préside à tous, mon esprit éclairé,
Dans les bornes du monde eût été trop ferré.
Mais enfin de ce monde, & l'oracle & le maître,
Je ne fuis point encor ce que je devrois être.Quelques Anges alors, qui là haut dans les Cieux ,Règlent ces mouvemens imparfaits à nos yeux,
En faisant tournoyer ces immenses Planettes,Diíòient, Pour nos plaisirs, fans doute elles fontfaites.
Puis de là fur la Terre , ils jettoient un coup d’œil,Ils fe moquoient de l’homme & de son sot orguei)..Le Tkn * les entendit , il voulut que fur f heure ,On les fist assembler dans fa haute demeure.
Ange, homme, quadrupède & ces êtres divers ,Dont chacun forme un monde en ce vaste univers.
Ouvrages de mes mains , enfans à’un mime pere,Gpui portez* , leur dit-il, mon divin caractère ,
Vous étés nés pour moi , rien ne fut fait pour vous ,
Je fuis le centre unique oh vous répondez* tous :
Des destins f? des temps connaijfez* le seul maître ;
Rien n est grand ni petit, tout est ce qu il doit être.
D'un parfait assemblage instrument imparfaits ,
Dans votre rang placés demeurez* satisfaits ;
L’Homme ne le fut point. Cette indocile efpece,Sera-t-elle occupée à murmurer fans cesse ?
Un vieux Lettré Chinois qui toujours fur les bancs,Combattit la raison par de beaux argumens,
Plein de Confuchis, 8c fa Logique en tête,Distinguant, concluant, présenta fa requête.
Pour-
? Diea des Chinois.