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Recueil De Pieces Fugitives En Prose Et En Vers / Par Mr. De Voltaire
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y4 Sixième Discours s '

Ce Globe> qui des nuits blanchit les sombres voiles,Croît, décroît, fuit, revient & préside aux Etoiles,Moi, je préside à tous, mon esprit éclairé,

Dans les bornes du monde eût été trop ferré.

Mais enfin de ce monde, & l'oracle & le maître,

Je ne fuis point encor ce que je devrois être.Quelques Anges alors, qui haut dans les Cieux ,Règlent ces mouvemens imparfaits à nos yeux,

En faisant tournoyer ces immenses Planettes,Diíòient, Pour nos plaisirs, fans doute elles fontfaites.

Puis de fur la Terre , ils jettoient un coup dœil,Ils fe moquoient de lhomme & de son sot orguei)..Le Tkn * les entendit , il voulut que fur f heure ,On les fist assembler dans fa haute demeure.

Ange, homme, quadrupède & ces êtres divers ,Dont chacun forme un monde en ce vaste univers.

Ouvrages de mes mains , enfans àun mime pere,Gpui portez* , leur dit-il, mon divin caractère ,

Vous étés nés pour moi , rien ne fut fait pour vous ,

Je fuis le centre unique oh vous répondez* tous :

Des destins f? des temps connaijfez* le seul maître ;

Rien n est grand ni petit, tout est ce qu il doit être.

D'un parfait assemblage instrument imparfaits ,

Dans votre rang placés demeurez* satisfaits ;

LHomme ne le fut point. Cette indocile efpece,Sera-t-elle occupée à murmurer fans cesse ?

Un vieux Lettré Chinois qui toujours fur les bancs,Combattit la raison par de beaux argumens,

Plein de Confuchis, 8c fa Logique en tête,Distinguant, concluant, présenta fa requête.

Pour-

? Diea des Chinois.