Epître sur la. Calomnie.
Que les Mignons, les Gatins & les TraîtresN’ont en mille ans apauvri nos Ancêtres :
Cet homme unique, & hauteur, & l’apuiD une grandeur où nous n’oíìons prétendre »
Vit tout l'Etat murmurer contre lui ;
Et le Français osa troubler * la cendre,
Du Bienfaicteur qu’il revere aujourd’hui.
Lorsque L O UI S, qui d’un esprit si fermeBrava la mort comme ses Ennemis,
De ses grandeurs ayant subi le terme,
Vers fa Chapelle, alloit à Saint Denis;
J’ai vu son Peuple, aux nouveautés en proye,
Ivre de vin , de folie , & de joye ,
De cent couplets égayant le Convoi,jusqu’au tombeau maudire encor son Roi.
Vous avez tous connu, comme je pense,
Ce bon Régent, qui gâta tout en France :
Il étoit né pour la Société,
Pour les Beaux Arts, & pour la volupté ;
Grand, mais facile , ingénieux , affable,
Peu scrupuleux, mais de crime incapable :
Çt cependant, ô mensonge ! o noirceur !
Nous avons vu la Ville & les Provinc.es,
Au plus aimable, au plus clément des Princes,
Donner les noms. Quelle absurde fureur !
Chacun les lit, ces Archives d’horreur,
Ces Vers impurs, appellés Philippiques, * *
De rimposturç éternelles Chroniques ! .
Et
* L« Peuple voulut déterrer Mr. Colbert, k St. Eustache.
., * * Libelle diffamatoire en vers , contre Monsieur le Dued Orléans.