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LA MORT
DE MADEMOISELLE
LE COUVREUR . 1
Q UE vois-jé, quel objet? Quoi! ces lèvres char__ mantes,
Quoi ! ces yeux d’où partoient ces flammes éloquentes.Eprouvent du trépas les livides horreurs ?
Muses, Grâces, Amours, dont elle fut l’image,
O mes Dieux & les siens, secourez votre ouvrage.Que vois-je ? C’en est fait, je t’embraste, & tu meurs.Tu meurs ; on fait dé j a cette affreuse nouvelle :Tous les cœurs font émus de ma douleur mortelle.J’entends de toiis côtés les beaux Arts éperdus,S’écrier en pleurant, Melpomene n’est plus.
Que direz-vous, race future,
Lorsque vous apprendrez la flétrissante injureQu a ces Arts désolés font des hommes cruels ?
Ils privent de la sépultureCelle qui dans la Gréce auroit eu des Autels.Quand elle étoit au monde, ils foupiroient pour elle ;Je les ai vu soumis, au tour délie empresses :
Si-tót quelle n’est plus, elle est donc criminelle ?Elle a charmé le monde, & vous l’en punissez.
Non, cës bords déformais ne seront plus profanes, *Us contiennent ta cendre ; & Ce triste tombeau
Honoré
f Elle ejl enterrée sur le ber A de la Seine.