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Galerie Des Grands Écrivains Français : Tirée Des Causeries Du Lundi Et Des Portraits Littéraires / Par M. Sainte-Beuve De L'Academie Française ; Illustrée De Portraits Gravés Au Burin Par MM. Goutière, Delannoy, Leguay, Nargeot, Etc. D'Après Les Dessins De Staal, Philippoteaux, Etc.
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FRANÇOIS VILLON.

poëtes, et jaloux comme le potier lest du potier, relevait dans la publi-cation de labbé Prompsault jusquà 2,000 fautes, à peu près le chiffreque Méziriac prétendait retrouver dans le Plutarque dAmvot ; maisAmyot avait de quoi survivre, et le Villon de labbé Prompsault enmourut, lédition, non le poëte. Celui-ci, très-apprécié des roman-tiques, ouvrait la marche dans la série des Grotesques de ThéophileGautier, qui en traçait un portrait de verve lhomme est deviné sous lepoëte et Villon apparaît dans son relief comme le roi de la vie deBohème. Juste dans le même temps (1844), il obtenait une place plusrespectable et très-motivée dans le livre sévère de M. Nisard, Histoirede la littérature française. Léminent critique crut devoir défendre detout point laperçu de Boileau et lappuva par des raisons réfléchies : ilvoyait dans Villon un novateur, mais utile et salutaire, un de ces écri-vains qui rompent en visière aux écoles artificielles, et qui parlentavec génie le français du peuple ; contrairement à lopinion qui lui pré-férait lélégant et poli Charles dOrléans, il rattachait à lécolier de Parisle progrès le plus sensible queût fait la poésie française depuis le Romandelà Rose. Enfin, cétait trop peu quune édition, la 32% de Villon eûtété publiée en 1850 dans la Bibliothèque elzevirienne de Jannet, par lessoins du bibliophile Jacob, un dernier honneur lui était réservé : unethèse, un débat et une soutenance en Sorbonne, aujourdhui tout unvolume, celui même que jannonce, par M. Antoine Campaux, hommede cœur et dimagination, qui sest épris du poëte, qui la de bonneheure lu, relu, imité peut-être dans des vers de jeunesse et pour sesparties avouables 1 ; qui laime comme un fils indulgent et innocent, avo-cat désintéressé dun père prodigue, et qui, concentrant sur lui toutelaffection et lérudition dont il est capable, a résumé, poussé à fond etcomme épuisé les recherches à son sujet.

Telle est la singulière destinée de Villon. Pour moi, je dirai toutema pensée : je ne voudrais rien retirer au vieux poëte, mais il mesemble quil est en train de subir cette transformation légère qui, enne faisant peut-être que rendre à certains hommes, sous un autreaspect, la valeur et le prestige quils avaient de leur vivant, leur accorde

1. Les curieux qui pourront mettre la main sur un petit volume de poésies, les Legs deMarc-Antoine le Bohème (Paris, chez Masgana, 1858) sauront ce que je veux dire.