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Galerie Des Grands Écrivains Français : Tirée Des Causeries Du Lundi Et Des Portraits Littéraires / Par M. Sainte-Beuve De L'Academie Française ; Illustrée De Portraits Gravés Au Burin Par MM. Goutière, Delannoy, Leguay, Nargeot, Etc. D'Après Les Dessins De Staal, Philippoteaux, Etc.
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BOILEAU.

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des Lombards. Racine avait eu à se louer dabord de Chapelain pour sespremières odes, et avait reçu de lui des encouragements. Usant donc delaccès quil avait auprès du docte personnage, il lui conduisit le satiriquequi déjà lavait pris à partie sur ses vers, et il le présenta sous le titreet en qualité de M. le bailli de Chevreuse, lequel se trouvant à Paris,avait voulu connaître un homme de cette importance. Chapelain nesoupçonna rien du déguisement ; mais, à un moment de la visite, lebailli quon avait donné comme un amateur de littérature, ayant amenéla conversation sur la comédie, Chapelain, en véritable érudit quil était,se déclara pour les comédies italiennes et se mit à les exalter au préju-dice de Molière. Boileau ne se tint pas ; Racine avait beau lui faire dessignes, le prétendu bailli prenait feu et allait se déceler dans sa candeur.Il fallut que son introducteur se hâtât de lever la séance. En sortant ilsrencontrèrent labbé Cotin sur lescalier, mais qui ne reconnut pas lebailli. Telles furent les premières espiègleries de Despréaux et ses pre-mières irrévérences. Le tout, quand on en fait, est de les bienplacer.

Les satires de Boileau ne sont pas aujourdhui ce qui plaît le plusdans ses ouvrages. Les sujets en sont assez petits, ou, quand lauteurles prend dans lordre moral, ils tournent au lieu-commun : ainsi lasatire à labbé Le Vayer Sur les folies humaines, ainsi celle à DangeauSur la noblesse. Dans la satire et dans lépître, du moment quil nesagit point en particulier des ouvrages de lesprit, Boileau est fort infé-rieur à Horace et à Pope; il lest incomparablement à Molière et à LaFontaine; ce nest quun moraliste ordinaire, honnête homme et sensé,qui se relève par le détail et par les portraits quil introduit. Sa meilleuresatire est la neuvième, « et cest peut-être le chef-dœuvre du genre »,a dit Fontanes. Ce chef-dœuvre de satire est celle quil adresse à sonEsprit, sujet favori encore, toujours le même, rimes, métier dauteur,portrait de sa propre verve ; il sy peint tout entier avec plus de déve-loppement que jamais, avec un feu qui grave merveilleusement sa figure,et qui fait de lui dans lavenir le type vivant du critique.

La sensibilité de Boileau, on la dit, avait passé de bonne heuredans sa raison, et ne faisait quun avec elle. Sa passion (car en ce sensil en avait) était toute critique, et sexhalait par ses jugements. Le vraidans les ouvrages de l'esprit } voilà de tout temps sa Bérénice à lui, et