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Galerie Des Grands Écrivains Français : Tirée Des Causeries Du Lundi Et Des Portraits Littéraires / Par M. Sainte-Beuve De L'Academie Française ; Illustrée De Portraits Gravés Au Burin Par MM. Goutière, Delannoy, Leguay, Nargeot, Etc. D'Après Les Dessins De Staal, Philippoteaux, Etc.
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BOILEAU.

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serait généralement approuvé : « Vous pouvez, ajouta-t-il, recevoir inces-samment La Fontaine, il a promis d’être sage. » Mais jusque-là, et dansles six mois qui s’étaient écoulés d’une élection à l’autre, le roi (remar-que d’Olivet) n’avait laissé qu’à peine entrevoir son inclination, « parcequ’il s’était fait une loi de ne prévenir jamais les suffrages de l’Aca-démie ». Nous avons connu des rois qui étaient moins délicats en celaque Louis XIV.

Saluons et reconnaissons aujourd’hui la noble et forte harmoniedu grand siècle. Sans Boileau, et sans Louis XIV qui reconnaissait Boi-leau comme son contrôleur général du Parnasse, que serait-il arrivé?Les plus grands talents eux-mêmes auraient-ils rendu également tout cequi forme désormais leur plus solide héritage de gloire? Racine, je lecrains, aurait fait plus souvent des Bérénices ; La Fontaine moins defables et plus de contes; Molière lui-même aurait donné davantagedans les Scapins, et n’aurait peut-être pas atteint aux hauteurs sévèresdu Misanthrope. En un mot, chacun de ces beaux génies auraitabondé dans ses défauts. Boileau, c’est-à-dire le bon sens du poètecritique, autorisé et doublé de celui d’un grand roi, les contint tous etles contraignit, par sa présence respectée, à leurs meilleures et à leursplus graves œuvres. Savez-vous ce qui, de nos jours, a manqué à nospoètes si pleins à leur début de facultés naturelles, de promesses et d’in-spirations heureuses ? Il a manqué un Boileau et un monarque éclairé,l’un des deux appuyant et consacrant l’autre. Aussi ces hommes detalent, se sentant dans un siècle d’anarchie et d’indiscipline, se sontvite conduits à l’avenant; il se sont conduits, au pied de la lettre, noncomme de nobles génies ni comme des hommes, mais comme des éco-liers en vacances. Nous avons vu le résultat.

Boileau, vieillissant et morose, jugeait déjà le bon goût très-com-promis et déclarait à qui voulait l’entendre la poésie française en pleinedécadence. Quand il mourut le 13 mars 1711, il y avait longtemps qu’ildésespérait de ses contemporains et de ses successeurs. Était-ce de sapart une pure illusion de la vieillesse ? Supposez Boileau revenant aumonde au milieu ou vers la fin du xvm e siècle, et demandez-vous cequ’il penserait de la poésie de ce temps-là. Placez-le encore en idéesous l’Empire, et adressez-vous la même question. Il m’a toujourssemblé que ceux alors qui étaient les plus ardents à invoquer l’autorité

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