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Galerie Des Grands Écrivains Français : Tirée Des Causeries Du Lundi Et Des Portraits Littéraires / Par M. Sainte-Beuve De L'Academie Française ; Illustrée De Portraits Gravés Au Burin Par MM. Goutière, Delannoy, Leguay, Nargeot, Etc. D'Après Les Dessins De Staal, Philippoteaux, Etc.
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VOLTAIRE.

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devenait un charme ou un tourment. Ce diable d'homme (cest le nomdont on le nomme involontairement) ne pouvait donc, dans aucuncas, malgré ses velléités de retraite et de vaillante sagesse, se confinerà lexistence brillante et douce dun Atticus ou même dun Horace, et secontenter pour la devise de sa vie de ce mot quil écrivait galamment aumaréchal de Richelieu : « Je me borne à vous amuser. » 11 avait com-mencé, nous lavons vu, par dire à madame de Dernières : « La grandeaffaire et la seule, cest de vivre heureux; » et, bon gré mal gré, ilétait entraîné à justifier chaque jour à lavance le mot de Beaumarchais :« Ma vie est un combat. »

La correspondance inédite donne peu de détails nouveaux sur lasortie de Voltaire hors du royaume en 1726 et sur cette retraite enAngleterre , qui fut si décisive pour son éducation intellectuelle.Il devait y être préparé par ses conversations avec Bolingbroke, quilavait beaucoup vu à Paris et à sa terre de la Source, près dOrléans ;mais limpression quil reçut de ce spectacle nouveau, moins encorede la chose politique et du jeu de la Constitution que du groupe philo-sophique et librement penseur quil y rencontra, paraît avoir surpasséson attente ; elle fut sur lui profonde et indélébile. Cette période de lavie de Voltaire, ces trois années détude et de silence, il entranétant que le libertin du Templeet le plus charmant homme de société,et d' il sortit homme et philosophe, sont restées assez obscures etmystérieuses, précisément parce quil les passa dans le silence. Onentrevoit par sa correspondance avec le chevalier Falkener quellesliaisons fortes et tendrement graves il y avait contractées, et combienintime et durable il en garda le souvenir. Cet endroit me paraît le seulde la vie de Voltaire qui fasse désirer encore des éclaircissements dedétail. Il est un moment et un milieu les talents et les esprits,jusque- tout jeunes et adolescents, sachèvent, se font et deviennentadultes : lAngleterre a été ce lieu pour Voltaire. 11 en revint définiti-vement formé, avec un fonds didées quil accroîtra peu, et avec uncachet intérieur quil ne perdra plus.

Javais cru dabord que la lettre suivante, qui dans le nouveauRecueil est mise à la date de 1724, était de 1726, et devait se rappor-ter au moment Voltaire venait davoir affaire au chevalier de Rohanet se disposait à quitter la France, ou du moins Paris, avant dêtre mis