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Galerie Des Grands Écrivains Français : Tirée Des Causeries Du Lundi Et Des Portraits Littéraires / Par M. Sainte-Beuve De L'Academie Française ; Illustrée De Portraits Gravés Au Burin Par MM. Goutière, Delannoy, Leguay, Nargeot, Etc. D'Après Les Dessins De Staal, Philippoteaux, Etc.
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VOLTAIRE.

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on lui racontait les injustices dont on était victime, et on sollicitait lesecours de sa plume, de son crédit. Ce ne sont à Ferney que requêtessur requêtes, de toute forme et de toute espèce : tantôt Lalli-Tollendalplaidant pour réhabiliter la mémoire de son père, tantôt une directricede théâtre à Lyon à laquelle on retire son privilège; aujourdhui dËtal-londe songeant à faire reviser son procès, demain les mainmortables deSaint-Claude à affranchir de la glèbe monacale et à rendre sujets duroi. Cest une noble idée, et qui ne saurait être tout à fait une illusion,que plus un homme est cultivé, et plus il doit être bon ; que dans uneposition élevée, et avec une renommée toute faite, on est plus aisémentimpartial et quon se doit à tous. Voltaire, disons-le, dans les dernièresannées de sa vie, nous apparaît, par cette suite même de lettres, commesétant occupé activement du bien public dans sa petite contrée de Gex,et de tous les intérêts particuliers qui, de loin, faisaient appel à sonpatronage; il plaide sans cesse auprès des ministres et des sous-minis-tres pour ses colons et pour tout ce qui peut assurer leur existence ouaméliorer leur bien-être, et aussi pour les autres clients plus éloignésqui se donnaient à lui. Il est lavocat bénévole et zélé de plus dune bellecause. Ce qui avait pu ne paraître quinquiétucle fébrile devint à la finune sollicitude noble pour des intérêts généraux. Cela honore sa vieil-lesse ; cela explique quon ait fini par rattacher à son nom une renom-mée plus sérieuse et plus grandiose que ne semblaient lautoriser tantdincartades de conduite et dinconséquences, et cela aussi fait regretterquil ne se soit pas toujours souvenu de ce quil écrivit une fois à unlibraire de Hollande, Marc-Michel Rey, qui lui attribuait dans son cata-logue des ouvrages indignes de lui :

« Mon nom ne rendra pas ces ouvrages meilleurs, et nen facilitera pas la vente.Jaurais trop de reproches à me faire, si je métais amusé à composer un seul de cesouvrages pernicieux. Non-seulementje nen ai fait aucun, mais je les réprouve tous,et je regarde comme une injure cruelle lartifice des auteurs qui mettent sous mon nomces scandaleux écrits. Ce que je dois à ma religion, à ma patrie, à lAcadémie fran-çaise, à lhonneur que jai dêtre un ancien officier de la maison du roi, et surtout à lavérité, me force de vous écrire ainsi... »

Voltaire, absent de Paris depuis des années, et qui depuis sa pre-mière jeunesse ny avait jamais, à len croire, demeuré deux ans de suite,

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