d’ailleurs la perte qu’elle y feroit fe répareroit à fon profitpar le moins à payer aux entrées.
Le Commerce de l’Europe n’étoit pas fous François I.ce qu’il eft ni ce qu’il a été d’époque en époque , dans l’in-tervalle ; le luxe n’avoit fait que des progrès médiocres ; lesbefoins étoient encore bornés, les Nations fe communiquoientleurs productions refpeCtives, l’excédent de leurs denrées,des Manufactures qu’elles avoient^ mais elles fe concentroientdans l’ufage du nécelfaire & ne recherchoient chez l’étrangerque ce qui ne nailfoit pas ou n’exiftoit pas chez elles-mêmes.
La France toujours abondante en tout genre de denréesde première nécelfité, plus indultrieufe alors que nulle au-tre des Nations voifines, avoit beaucoup plus à leur donnerqu’à attendre & à recevoir d’elles. De-là cette multituded’ordonnances, d’Edits & autres monuments qui traitent &defcendent dans les plus grands détails à l’égard des droits defortie, & ce vuide au contraire que la législation offre danstous les tems de loix relatives aux entrées.
On n’eti trouve que trois d’anciennes & antérieures auRégné de François I.
La première de 1466. fous Louis XL impofoit aux en-trées douze deniers pour livre fur toute forte de draps &étoffes de laine entrans & venans de l’Etranger. Une dé-claration du 1^. du mois de Juin de 1664. nous donne l’hif-torique des divers changemens furvenus à ce droit. Elleporte que ce fol pour livre créé en 14 66. fut réduit en 1582.& en 1634. fupprimé en 1636., & rétabli en 1643. Il eftdonc bien certain que ce droit exiftoit au moment du Traitéde l’an ifi 6. & qu’on le percevoit alors dans fon entier furle pied de 5. pour cent ou de douze deniers pour livre.
Une autre loi relative eft l’Edit de François I. du 22 .Octobre 1^39. concernant les drogueries & épiceries.
Cet Edit, il eft vrai, eft poftérieur de datte à l’époquequi doit nous fixer. Mais cet Edit n’eft rendu qu’à fuite &en conféquence d’autres Edits antérieurs de Charles VIII. &de Louis XII. par lefquels ces Princes, dans l’objet d’en-courager & étendre le Commerce maritime, de maniéré qu’ilfût directement chercher les drogueries & épiceries dans leslieux où elles croifloient & qu’elles fulfent aufîi apportéesdirectement en France fans être regrettées ni revendues, commes’en expliquent ces Edits, ordonnoient que l’introduCtion ne
pour-