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Lettres choisies de Madame de Sévigné / precédées d'une notice par Grouvelle ; d'observations littéraires par Suard ; accompagnées de notes explicatives sur les faits et sur les personnages du temps ; ornées d'une galerie de portraits historiques ; dessinés par Staal ; gravés au Burin par Massard, F. Delannoy, Regnault, Outhwaitte, etc.
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.NOTICE

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Injuste procédé, solte façon do faire,

Que la çu celle tient de imilauie sa mère.

Et i[iio la Ijoiihc (laine ail courage inhumain.

Su lassant aussi peu dêtre belle que sage,

Encore tous les jours applique à son usage,

Au détriment du genre humain.

I! nest pas, je crois, superflu dobserver que cest dans ce mcnio temps que ma-dame de Sévigné agissait et sintéressait avec tant de chaleur pour Fouquet. Lair etles succès de la cour ne Taisaient point sur elle leur ordinaire effet, celui dinspirerloubli des malheureux.

Dans le même temps, dautres amis en disgrâce éprouvaient aussi sa fidélité-. Lesjansénistes résistaient alors à la cour, au clergé, aux parlements, au pape même. Quel-ques lignes condamnées par celui-ci étaient-elles ou uétaienl-elles pas dans Jausénius '!

Kn les lui imputant, personne ne sétait avisé de citer lendroit du livre. Voltaire senétonne, comme si cela eût seul tranché la question. Mais la brille du pape était sousles yeux de tout le monde, et on nen était pas plus daccord sur cette autre question :si la bulle faisait Jausénius auteur de ces lignes. Apparemment Jansénius même neneût pas été cru. Madame de Sévigné ne sintéressait guère à ces choses quà cause despersonnes; mais ses rapports avec Port-Royal étaient intimes. Cest une particularitépeu importante, il est vrai, mais encore moins connue, quelle avait posé la premièrepierre dune aile de cette maison, construite aux dépens de son oncle, le chevalier deSévigné, qui sy était retiré. Celui-ci fut sans doute touimenté par les suites du for-mulaire. Dailleurs, ce quil y avait de plus illustre parmi ces illustres solitaires, lalamille Aniauld, était alors en exil. On verra combien son amitié était affectée deleurs chagrins.

Bientôt rétablissement de ses enfants, et surtout le mariage de sa fdlc, devinrent sonunique sollicitude. Celle-ci avait à peine vingt ans; et un événement qui devait troublerson bonheur semblait trop tardif à cette mère désintéressée. Elle-même pourtant avait *repou.- plus dune occasion : elle voyait bien peu de gendres pour une telle fille. Kilopeint agréablement son industrie à faire naître les difficultés pour écarter tel aspirantdont elle augurait mal. Laffaire, très-avancée, manqua deux fois. Deux Provençauxtrès-distingués, MM. de Caderousse et de Mcrinvillc, recherchèrent mademoiselle deSévigné. Le mauvais succès du premier fut pour elle une bonne fortune, à eu jugerpar les Mémoires du temps. Enfin, le 29 janvier 1669, elle fut mariée à un autre Pro-vençal, au comte de Griguau. La suite des lettres lait assez connaître le caractère decet époux et le succès de cette union.

Madame de Sévigné commença peu après létablissement de son fils, en lui achetantmie charge militaire. Cétait pour elle deux grands sacrifices de fortune à la fois; maiselle paraît si peu sen apercevoir, quon sc ferait scrupule den relever le léger mérite.

« Madame de Sévigné séloitflattée qu eu faisant le mariage dosa fille avec un hommede la cour elle passerait sa vie avec elle. Mais, à quelque temps de, M. deGiignuii,qui étoit lieutenant général au gouvernement de Provence, reçut lordre de sy rendre;cl dans la suite il y comm'anda presque toujours dans labsence du duc de Vendôme,