.NOTICE
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Injuste procédé, solte façon do faire,
Que la çu celle tient de imilauie sa mère.
Et i[iio la Ijoiihc (laine ail courage inhumain.
Su lassant aussi peu d’être belle que sage,
Encore tous les jours applique à son usage,
Au détriment du genre humain.
I! n’est pas, je crois, superflu d’observer que c’est dans ce mcnio temps que ma-dame de Sévigné agissait et s’intéressait avec tant de chaleur pour Fouquet. L’air etles succès de la cour ne Taisaient point sur elle leur ordinaire effet, celui d’inspirerl’oubli des malheureux.
Dans le même temps, d’autres amis en disgrâce éprouvaient aussi sa fidélité-. Lesjansénistes résistaient alors à la cour, au clergé, aux parlements, au pape même. Quel-ques lignes condamnées par celui-ci étaient-elles ou u’étaienl-elles pas dans Jausénius '!
Kn les lui imputant, personne ne s’était avisé de citer l’endroit du livre. Voltaire s’enétonne, comme si cela eût seul tranché la question. Mais la brille du pape était sousles yeux de tout le monde, et on n’en était pas plus d’accord sur cette autre question :si la bulle faisait Jausénius auteur de ces lignes. Apparemment Jansénius même n’eneût pas été cru. Madame de Sévigné ne s’intéressait guère à ces choses qu’à cause despersonnes; mais ses rapports avec Port-Royal étaient intimes. C’est une particularitépeu importante, il est vrai, mais encore moins connue, qu’elle avait posé la premièrepierre d’une aile de cette maison, construite aux dépens de son oncle, le chevalier deSévigné, qui s’y était retiré. Celui-ci fut sans doute touimenté par les suites du for-mulaire. D’ailleurs, ce qu’il y avait de plus illustre parmi ces illustres solitaires, lalamille Aniauld, était alors en exil. On verra combien son amitié était affectée deleurs chagrins.
Bientôt rétablissement de ses enfants, et surtout le mariage de sa fdlc, devinrent sonunique sollicitude. Celle-ci avait à peine vingt ans; et un événement qui devait troublerson bonheur semblait trop tardif à cette mère désintéressée. Elle-même pourtant avait *repou.-sé plus d’une occasion : elle voyait bien peu de gendres pour une telle fille. Kilopeint agréablement son industrie à faire naître les difficultés pour écarter tel aspirantdont elle augurait mal. L’affaire, très-avancée, manqua deux fois. Deux Provençauxtrès-distingués, MM. de Caderousse et de Mcrinvillc, recherchèrent mademoiselle deSévigné. Le mauvais succès du premier fut pour elle une bonne fortune, à eu jugerpar les Mémoires du temps. Enfin, le 29 janvier 1669, elle fut mariée à un autre Pro-vençal, au comte de Griguau. La suite des lettres lait assez connaître le caractère decet époux et le succès de cette union.
Madame de Sévigné commença peu après l’établissement de son fils, en lui achetantmie charge militaire. C’était pour elle deux grands sacrifices de fortune à la fois; maiselle paraît si peu s’en apercevoir, qu’on sc ferait scrupule d’en relever le léger mérite.
« Madame de Sévigné s’éloitflattée qu eu faisant le mariage dosa fille avec un hommede la cour elle passerait sa vie avec elle. Mais, à quelque temps de là, M. deGiignuii,qui étoit lieutenant général au gouvernement de Provence, reçut l’ordre de s’y rendre;cl dans la suite il y comm'anda presque toujours dans l’absence du duc de Vendôme,