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Lettres choisies de Madame de Sévigné / precédées d'une notice par Grouvelle ; d'observations littéraires par Suard ; accompagnées de notes explicatives sur les faits et sur les personnages du temps ; ornées d'une galerie de portraits historiques ; dessinés par Staal ; gravés au Burin par Massard, F. Delannoy, Regnault, Outhwaitte, etc.
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LETTRES DE MADAME DE SÉVIGNÉ

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M. de Paris lavoit défendu. Mais -voici encore une image de la prévention :nos sœurs de Sainte-Marie mont dit : « Enfin, Dieu soit loué! Dieu a touchéle cœur de cette pauvre enfant ; elle sest mise dans le chemin de lohéissanccet du salut. » De je vais à Port-Royal : jy trouve un certain grand solitaire(Arnaud d'Andilly) que vous connoissez, qui commença par me dire : « Ehbien, ce pauvre oison a signé ; enfin Dieu la abandonnée, elle a fait le saut. »Pour moi, jai pensé mourir de rire, faisant réflexion sur ce que fait la préoc-cupation. Voilà bien le inonde en son naturel. Je crois que le milieu de cesextrémités est toujours le meilleur.

Samedi au soir... M. Fouquet est entré ce matin à la chambre; on la in-terrogé sur les octrois : il a été très-mal attaqué, et sest très-bien défendu. Cenest pas, entre nous, que ce ne soit un endroit des plus glissants de sonaffaire. Je ne sais quel bon ange la averti quil avoit été trop fier ; il sen estcorrigé aujourdhui, comme on sest corrigé de le saluer. On ne rentrera quemercredi à la chambre ; je ne vous écrirai aussi que ce jour-. Au reste, sivous continuez à me tant plaindre de la peine que je prends à vous écrire, et àme prier de ne point continuer, je croirai que cest vous qui vous ennuyez delire mes lettres, et que vous vous trouvez fatigué dy faire réponse ; mais surcela je vous promets encore de faire mes lettres plus courtes, si je puis ; et jevous quitte de la peine de me répondre, quoique jaime encore vos lettres.Après ces déclarations, je ne pense pas que vous espériez dempêcher le coursde mes gazettes. Quand je songe que je vous fais un peu de plaisir, jen aibeaucoup. Il se présente si peu doccasions de témoigner son estime et sonamitié, quil ne faut pas les perdre quand elles viennent soffrir. Je vous sup-plie de faire tous mes compliments chez vous et dans votre voisinage. La reineest bien mieux.

AU MÊME

Le lundi 24 novembre 1664.

Si jen croyois mon cœur, cest moi qui vous suis véritablement obligée derecevoir si bien le soin que je prends de vous instruire. Croyez-vous que je netrouve point de consolation en vous écrivant? Je vous assure que jy en trouvebeaucoup, et que je nai pas moins de plaisir à vous entretenir que vous enavez à lire mes lettres. Tous les sentiments que vous avez sur ce que je vous

France avait dressé un formulaire que les religieuses de Port-Royal refusèrent de signer,refus qui dans la suite fut cause de leur perte.