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Lettres choisies de Madame de Sévigné / precédées d'une notice par Grouvelle ; d'observations littéraires par Suard ; accompagnées de notes explicatives sur les faits et sur les personnages du temps ; ornées d'une galerie de portraits historiques ; dessinés par Staal ; gravés au Burin par Massard, F. Delannoy, Regnault, Outhwaitte, etc.
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LETTRES DE MADAME DE SE VIENE

rocher, et Trévillesur un cheval ailé qui tue le monstre. Ali! Zêzu, mata-nte te Griynan, létranze sose t'être zettée toute nue tans la mer 1 2 3 !

Voilà bien des lanternes, et je ne sais rien de vous : vous croyez que je de-vine ce que vous faites ; mais jy prends trop dintérêt, et à votre santé, età létat de votre esprit, pour vouloir me borner à ce que j'en imagine : lesmoindres circonstances sont chères de ceux quon aime parfaitement, autantquelles sont ennuyeuses des autres, nous lavons dit mille fois, et cela estvrai. La Vauvineux vous fait cent compliments; sa fille a été bien malade;madame dArpajon la été aussi : nommez-moi tout cela avec madame de Ver-neuil 5 , à votre loisir. Voilà une lettre de M. de Condom, quil ma envoyéeavec un billet fort joli. Votre frère entre sous les lois de Ninon; je doutequelles lui soient bonnes : il y a des esprits à qui elles ne valent rien. Elleavoit gâté son père; il faut le recommander à Dieu : quand on est chrétienne,ou du moins quand on le veut être, on ne peut voir les déréglements sanschagrin. Ab! Bourdaloue, quelles divines vérités vous nous avez dites aujour-dhui sur la mort! Madame de la Fayette y étoit pour la première fois de savie ; elle étoit transportée dadmiration ; elle est ravie de votre souvenir, etvous embrasse de tout son cœur. Je lui ai donné une belle copie de votreportrait; il pare sa chambre, vous nêtes jamais oubliée. Si vous êtesencore de lhumeur dont vous étiez à Sainte-Marie, et que vous gardiez meslettres, voyez si vous navez pas reçu celle du 18 février. Adieu, ma très-aimable enfant. Vous dirai-je que je vous aime? cest se moquer den êtreencore ; cependant, comme je suis ravie quand vous massurez de votre ten-dresse, je vous assure de la mienne, atin de vous donner de la joie, si vousêtes de mon humeur. Et ce Grignan, mérite-t-il que je luî dise un mot?

Je crois que M. dIIacqucville vous mande toutes les nouvelles; pour moi,je nen sais point : je serois toute propre à vous dire que le chancelier apris un lavement 4 .

Je vis hier une chose, chez Mademoiselle, qui me lit plaisir. Madame deGêvres arrive, belle, charmante et de bonne grâce; madame dArpajon étoitau-dessus de moi; je pense que la duchesse sattendoit que je lui dusse offrirma place ; ma foi, je lui devois une incivilité de lautre jour, je la lui payaicomptant, et ne branlai pas. Mademoiselle était au lit; madame de Gêvres àdonc été contrainte de se mettre au-dessous de lestrade; cela est fâcheux. On

1 llcnri-Joscph de Peyre, comte de Tréville.

2 Manière de prononcer de madame de Ludres.

3 Charlotte Séguier, veuve du duc de Sully, et mariée en secondes noces au duc de Verneuil,fds naturel dHenri IV.

4 Le chancelier Séguier nallait jamais au conseil sans avoir pris cette précaution.