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LETTRES RE MADAME RE SÉVlüNÉ
les plus agréables du monde : ilsne seront pas imprimés 1 , quoiqu’ils le méri-tassent bien mieux que beaucoup d’autres choses.
On nous vient dire que Brisacier et sa mère, qui étoient ici près, à Gagny,ont été enlevés. Ce seroit un mauvais préjugé pour le duché. Cette nouvelle estun peu crue. Comme elle est présentement à Paris, d’Hacqueville ne manquerapas de vous l’apprendre.
Je vous embrasse mille ibis, ma très-chère, avec une tendresse fort au-dessusde ce que je vous en pourrois dire.
Je reçois, ma fille, votre lettre du 30 ; mais quoi ! vous n’aviez pas reçu lamienne du 21 ? quelle sottise à la poste? elle étoit toute propre à vous instruire.Je décidois sur votre départ, etje vous conjurois par pure tendresse de ne pointle différer ; c’est ce que je vous demande encore par les mêmes raisons. Voussuivrez ce conseil, si vous avez pour moi autant d’amitié que je vous en crois.Bans cette confiance, je ne me remettrai point à vous dire combien je le sou-haite, ni combien six semaines font à mon impatience. Adieu, j’embrassetendrement le seigneur comte.
A LA MÊME
Commencée à Livry et finie à Paris,mercredi 14 octobre 1676.
Je vous remercie, ma fille, de votre complaisance et de l’amitié que vousme témoignez, puisque vous êtes résolue de partir avant M. de Grignan. Jel’embrasse et je le remercie aussi du consentement qu’il y donne. Je commisla pesanteur de votre absence, etje comprends ce qu’il souffrira ; mais c’estpour si peu de temps, qu’il a raison de ne me pas envier cette satisfaction : sapart est toujours bien grande au prix de la mienne. Je vous conjure à présent,ma très-chère, de prendre un bon conducteur pour votre voyage; j'ai de lapeine à penser àl’ennui que vous aurez. Je vous recommande à Montgobert ;ayez des livres; et, au nom de Dieu, défendez à vos muletiers de prendre lechemin le plus court, en allant de chez vous à Montélimart ; qu’ils prennent lechemin du carrosse. Ils menèrent madame de Coulanges par celui que je vousdis; sans du But, qui descendit promptement et soutint la litière, elle tomboitdans un précipice épouvantable. Il m’a conté cela dix fois, et m’a fait transir.
* La marquise de Coligny les publia après la mort de son père, niuis apres y avoir fait desretranchements considérables.