I.FTTKFS DF, MADWIF DF SFVIfiXF
r.no
A M. DK (! RIGA AN
A Paris, lundi 7 février d680,
Bonjour, monsieur le cordon bleu ; êtes-vous bien paré ? avez-vous bonnemine? 11 me semble qu’il vous sied fort bien. Je vous fais mon compliment,et vous embrasse avec cette nouvelle parure.
A MADAME DE GRIGNAN
J’allai donc, ma ebère enfant, après avoir fermé ma lettre, comme je vousmandois, chez mon ami Orceau, à la poste ; il regarda ce cordon et cettecroix : nous les remîmes dans la petite boîte, dont nous fîmes un paquet ;j’écrivis le dessus ; il y mit un mot de sa main, qui est le sauf-conduit. Ainsifinit l’histoire du cordon,bleu, qui m’a tant tourmentée.
Je fus de là chez M. de Pomponne ; il revenoit de Saint-Cvr. Madame deVins vous aura mandé comme madame de Maintenon le nomma, et commeil eut ordre du roi de venir le lendemain à cette belle tragédie. Le roi lui ditle matin qu’il étoit fort digne d’en juger, et qu’il en seroit assurément con-tent. M. de Pomponne le fut au dernier point. Racine s’est surpassé. La sainteEcriture est suivie exactement dans cette pièce; tout v est beau, tout y est.grand, tout y est traité avec dignité. Vous avez vu ce que M. le chevalier m’ena écrit ; ses louanges et ses larmes sont bonnes. Le roi et la reine d’Angle-terre y étoient samedi. Quand elle sera imprimée, je l’enverrai à ma chèrefille : plut à Dieu qu’elle la put voir!
Votre grande lettre m’a fait un grand plaisir, et répond fort bien à toutesles miennes ; mais, mon enfant, elle est trop grande, quoiqu’elle soit écrite, etde l'esprit et de la main, avec une facilité qui paroît. Je ne laisse pas d’être enpeine delà quantité de lettres que vous m’écrivez, et de votre longue résidencedans ce cabinet, dont il faut que vous sortiez avec un grand mal au dos, ungrand mal à la tête, un grand épuisement : ainsi le plaisir que je reçois enlisant vos lettres est toujours mêlé de quelques peines, comme les autreschoses de cette vie. Par exemple, Avignon, dont je ne parle point par vosmêmes raisons, Avignon estbon, et vient fort à propos pour fotre enfant : c’estnue providence paternelle, dont il fautremercierDieu, et, de l’autre côté, voilàle vent, le tourbillon, l’ouragan, les diables déchaînés, qui veulent emporter