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Lettres choisies de Madame de Sévigné / precédées d'une notice par Grouvelle ; d'observations littéraires par Suard ; accompagnées de notes explicatives sur les faits et sur les personnages du temps ; ornées d'une galerie de portraits historiques ; dessinés par Staal ; gravés au Burin par Massard, F. Delannoy, Regnault, Outhwaitte, etc.
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LETTRES DE MADAME DE SÉVIGNÉ

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rigueurs du froid à Prcvannes^uàlaruelledesonlitdansce chien de Temple;enfin, tout cela me déplaît à mourir, et ce qui est beau, c'est que je lui mandetoutes ces improbations avec une grossièreté que je sens, et dont je ne puismempêcher. Que ferez-vous, mon pauvre cousin, loin des hôtels de Chaulnes,de Lamoignon, du Lude, de Villeroi, deGrignan? Comment peut-on quitter untel quartier? Pour moi, je renonce quasi à la déesse; car le moyen daccommo-der ce coin du monde tout écarté avec mon faubourg Saint-GermairP? Au lieu detrouver, comme je faisois, cette jolie madame de Coulanges sous ma main,prendre du café le matin avec elle, y courir après la messe, y revenir le soircomme chez soi ! enfin, mon pauvre cousin, ne men parlez point : je suis tropheureuse davoir quelques mois pour maccoutumer à ce bizarre dérangement.Mais ny avoit-il point dautre maison? et votre cabinet, est-il? y retrou-verons-nous tous nos tableaux? Enfin, Dieu la voulu, car le moyen, sanscette pensée, de vouloir sen taire? 11 faut finir ce chapitre, même cette lettre.

Jai trouvé Pauline tout aimable, et telle que vous me lavez dépeinte.Man-dez-rnoi bien de vos nouvelles; je vous écris en détail, car nous aimons cestyle, qui est celui de lamitié. Je vous envoie cette lettre par M. de Mont-mort, intendant à Marseille, autrefois M. de Fargis, qui mangeoit des tarte-lettes avec mes enfants? si vous le connoissez, vous savez que cest un desplus jolis hommes du monde, le plus honnête, le plus poli, aimant à plaireet à faire plaisir, et dune manière qui lui est particulière ; en un mot, il ensait assurément pli s que les autres sur ce sujet; je vous en ferai demeurerdaccord à Grignan, je vais vous attendre, mon cher cousin, avec unebonne amitié et une véritable impatience.

AU MÊME

A Grignan, le ^6 juillet 1691.

Je suis tellement éperdue de la nouvelle de la mort très-subite de M. de Lou-vois, que je ne sais par commencer pour vous en parler. Le voilà doncmort., ce grand ministre, cet homme si considérable, qui tenoit une si grandeplace ; dont le moi, comme dit M. Nicole, étoit si étendu ; qui étoit le centre detant de choses: que daffaires, que de desseins, que de projets, que de secrets,que dintérêts à démêler, que de guerres commencées, que dintrigues, que de

1 Maison de latnpagnc de madame de Coulanges.

. s demeurait madame de la Fayolle, quelle allait voir souvent.