LE VÎTES DIVERSES
CDD
mérite et de sa solide vertu. J’aurai l’iionneur quelque jour de vous conterdes détails sur cela, qui exciteront votre admiration.
Faites-moi la grâce d’étre toujours bien persuadé, monsieur, de mon par-fait attachement pour vous, et du véritable respect avec lequel je suis votretrès-humble et très-obéissant serviteur.
(jIUGNAN.
M. DE IUTL\Ni,Es A MADAME DE S1M1A.NE
A Clioisv, le lu mai 1000.
Je vous suis d’autant plus obligé de la lettre honnête, cl de votre propremain, que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, que je comprends à mer-veille par moi-même la peine que vous pouvez avoir à traiter toujours unsujet qui vous tient si fort au cœur, et qui rappelle toutes vos tristes idées ;cependant, madame, c’est un sujet, ou je me trompe beaucoup, que noustraiterons longtemps.
Nous pleurons assurément la plus aimable amie qui fut jamais, et la plusdigne d’être aimée. La mémoire in’en sera toujours très-précieuse, et rien neme la fera oublier, quelque lieu que j’habite, ni quelques plaisirs qui s’offrentà moi. Le délicieux séjour de Choisy, joint à la bonne compagnie qui s’y trouveordinairement, ne m’a point encore dissipé au point que je ne donne beau-coup de moments au triste souvenir de notre illustre amie ; cette perte meparoîtra longtemps un songe par ne pouvoir la comprendre. Cependant c’estune vérité dont il faut profiter pour le salut, et dont je dois être plus frappéqu’un autre dans l’âge où je suis. Rien n’est enfin plus infaillible que demourir tôl ou tard ; et madame de Nicolaï, fille du lieutenant civil (M. le Ca-mus), vient de nous en donner un exemple à vingt-cinq ans, comme avoit faitpeu de jours auparavant le comte Ferdinand de Furstcnberg 1 .
Je ne manquerai pas de faire voir votre lettre à madame de Coulanges, afinde ne rien ôter aux expressions qui servent à lui faire connoître vos sentimentspour elle. Je puis bien vous assurer que vous n’obligez point une ingrate ; car jene connois personne qui vous estime davantage,ni qui soit plus touchée de toutesvos perfections. C’est une grande grâce de Dieu que la santé de madame votremère se rétablisse un peu au milieu d’une aussi rude affliction ; et je trouve
1 II mourut le ’û mars 1606, à l'Jge de trente-cinq ans.