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Lettres choisies de Madame de Sévigné / precédées d'une notice par Grouvelle ; d'observations littéraires par Suard ; accompagnées de notes explicatives sur les faits et sur les personnages du temps ; ornées d'une galerie de portraits historiques ; dessinés par Staal ; gravés au Burin par Massard, F. Delannoy, Regnault, Outhwaitte, etc.
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LETTRES DIVERSES

quelle fait fort bien de songer à quitter Grignan pour aller respirer un airmoins sec et plus humain : il eût été à souhaiter pour nous quelle se lût dé-terminée pour ces côlés-ei. Mais je comprends très-bien ses raisons; et,quoique je désire passionnément son retour, je l'appréhende néanmoins. Jecrois que cela sentend, sans lexpliquer davantage.

M. LG COMTE DE GUIGNAIS A il. DE COULANGES

A Gifuiiau. le mai'.

Vous comprenez mieux que personne, monsieur, la grandeur de la perleque nous venons de faire, et ma juste douleur. Le mérite distingué de madamede Sévigné vous étoit parfaitement connu. Ce nest pas seulement une belle-mère que je regrette ; cest une amie aimable et solide, une société délicieuse.Mais, ce qui est encore bien plus digne de notre admiration que de nos regrets,cest une femme forte dont il est question, qui a envisagé la mort, dont ellena point douté dès les premiers jours de sa maladie, avec une fermeté etune soumission étonnantes. Cette personne si tendre et si foible pour toutce quelle aimoit n'a trouvé que du courage et de la religion quand elle acru ne devoir songer quà elle, et nous avons remarquer de quelle uti-lité et de quelle importance il est de se remplir lesprit de bonnes choseset de saintes lectures, pour lesquelles madame de Sévigné avoit un goût,[tour ne pas dire une avidité surprenante, par lusage qu elle a su faire deces bonnes provisions dans les derniers moments de sa vie.

Je vous conte tous ces détails, monsieur, parce quils conviennent à vossentiments et à lamitié que vous aviez pourcelle que nous pleurons; et je vousavoue quejen ai lesprit si rempli, que ce m'est un soulagement de trouverun homme aussi propre que vous à les écouter et à les aimer. Jespère, mon-sieur, que le souvenir dune amie qui vous estimoit intiniment contribuera àme conserver dans lamitié dont vous mhonorez depuis longtemps ; je lestimeet la souhaite trop pour ne pas la mériter un peu. Jai lhonneur, etc.

MADAME DE GUIGNA N A M. DE POMPONNE

A la Garde, ce 15 juillet 16!)ü.

Vous connoissez, monsieur, dans toute son étendue le malheur qui mestarrivé; vous savez quel tendre attachement, quel intime union, quels liens ont